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Chapitre 16 : La rentrée de Sakura

Une rentrée compliquée

Lors de son réveil à l’hôpital, Sakura n’avait pas immédiatement pris conscience qu’il s’était écoulé deux mois depuis son arrivée. Ainsi, en raison de cette « absence », elle n’avait pas pu finir l’année scolaire. De plus, même si elle était sortie une semaine avant la reprise de cours, elle n’était pas en état de reprendre immédiatement. Après deux mois dans le coma, une rééducation était nécessaire.

Quand elle avait téléphoné au lycée pour s’excuser de ne pas pouvoir reprendre le travail dès maintenant, le directeur de l’école lui avait tout naturellement dit qu’il n’y aurait pas de problème, puisqu’elle ne faisait plus partie des effectifs.

Suite à son intervention de début d’année pour la fête de la majorité, la maire de Tomoeda, Madame Yoshida, avait fait pression auprès de l’établissement pour que Sakura soit renvoyée. Etant inconsciente à ce moment-là, elle n’avait même pas pu se défendre. Le club d’athlétisme avait essayé de convaincre le directeur de la garder, mettant en avant leurs excellents résultats à la dernière rencontre inter-lycée, mais rien n’y faisait. La décision était ferme et définitive. Suite à ça, l’équipe avait volé en éclat.

Gôsuke et Yukiko ayant terminé le lycée, ils ne faisaient évidemment plus partie du club.

Nanami avait été la première à contester le départ forcé de Sakura. N’ayant pas obtenue raison, elle avait montré son mécontentement en quittant le club à son tour.

Sans aucune raison, le nouveau professeur en charge avait décidé d’expulser Hikari de l’équipe. Furieux de cette accumulation, Masao l’avait suivi.

Devant cette débandade, Ryûsuke qui n’était déjà pas très motivé au départ avait cessé d’aller aux entrainements. Son statut était assez flou. Encore inscrit, mais absent, il semblait que le nouveau professeur ne l’ait même jamais vu.

Nobuki et Satsuki étaient les deux seuls anciens membres restants. Mais, n’ayant pas réussi à recruter suffisamment de nouveaux élèves, le club avait dû fermer ses portes.

Sakura, furieuse, était allée au lycée pour parler à son remplaçant. Elle n’avait pas pu le rencontrer, mais s’était entretenue avec le directeur. Elle lui avait confié tout ce qu’elle avait sur le cœur, concernant son remplaçant, mais aussi au sujet de son renvoi injustifié. Malheureusement, toute cette discussion n’eut aucun effet. En aucun cas, le directeur ne reviendrait sur cette décision, et pour éviter un autre scandale, il n’avait pas autorisé Sakura à rencontrer le nouveau professeur de sport. Elle était désormais blacklistée au lycée.

De toute manière, l’année scolaire ayant commencé depuis presque deux mois, il n’était pas envisageable de faire des changements pour le moment.

Sakura avait donc dû trouver un nouveau travail. Elle s’était positionnée sur des postes de professeur-remplaçant en collège ou lycée, mais il n’y avait aucun besoin pour le moment. Elle avait ensuite postulé pour des places de coach ou entraineur dans différents clubs sportifs. Les sélections étaient difficiles : validation de l’expérience, tests théoriques et pratiques, vérifications pédagogiques. Par rapport à sa situation actuelle, Sakura ne cochait malheureusement pas beaucoup de cases. Sa rééducation étant lente, elle n’avait pas totalement retrouvé son niveau d’avant, son expérience était relativement faible, et s’était soldée par un renvoi. Heureusement, elle pouvait compter sur son amie Tomoyo pour l’aider à trouver un nouveau travail. Sans lui dire, elle avait envoyé la vidéo de son match de tennis contre Toya, à plusieurs clubs de la région. Elle était persuadée que ce match, où Sakura déployait son talent et faisait preuve de persévérance et détermination, saurait conquérir le cœur des clubs de sport.

Mais tout ne s’était pas passé exactement comme elle l’aurait voulu.

Malgré la performance de Sakura, certains clubs n’avaient même pas pris la peine de répondre. A deux reprises, Tomoyo avait été contactée pour savoir s’il était possible de recruter le jeune homme. Sur le moment, elle n’avait pas compris la demande. Mais en fait, la personne qui l’appelait était intéressée par recruter Toya et non pas Sakura. Evidemment, elle s’était bien gardée de raconter ça à son amie.

Un nouveau travail

Elle avait finalement été contactée par un nouveau club, qui venait tout juste d’être lancé. La gérante était professeure de sport d’une autre école, qui avait concouru contre Tomoeda à la dernière compétition d’athlétisme. Plus spécifiquement, c’était l’entraineuse de la jeune fille qui était arrivée première au classement féminin du semi-marathon. Lorsqu’elle visionna la vidéo envoyée par Tomoyo, elle reconnut aussitôt Sakura. Impressionnée par ses performances dans le match, mais aussi et surtout par ses talents d’entraineuse de l’équipe d’athlétisme, elle avait décidé de la contacter. Plus qu’une championne, elle cherchait avant tout quelqu’un avec la capacité de faire sortir le meilleur de ses élèves.

Malheureusement, le poste ne se trouvait pas à Tomoeda, mais à la périphérie de Tokyo. Elle prendrait un peu plus de temps pour aller travailler le matin, mais rien d’insurmontable. Elle n’aurait plus l’occasion de faire le chemin avec Tomoyo, qui elle, était toujours professeure au collège de Tomoeda, mais ce n’était pas très grave. En effet, depuis le retour de l’hôpital de Sakura, Tomoyo avait emménagé avec elle, pour être sûre que tout se passe bien et qu’elle ne manque de rien. Pour Sakura, c’était aussi une manière de compenser l’absence d’Azusa. Evidemment, rien ne pouvait compenser la disparition de sa fille, mais avoir sa meilleure amie auprès d’elle l’aiderait à passer le cap.

Tomoyo et Sakura étaient assises dans la cuisine en train de prendre leur petit déjeuner.

– Alors, Sakura, prête pour ta deuxième journée au club de tennis ?

– C’est un bien grand mot de dire que je suis prête. Je vais donner le meilleur de moi-même, et on verra bien comment ça va se passer.

– Ne t’inquiètes pas Sakura, ça va très bien se passer. La gérante te fait totalement confiance, elle sait de quoi tu es capable, et ta première journée s’est déroulée sans encombre. Il en sera de même pour les jours suivants.

– Je sais, mais depuis mon retour de l’hôpital, je me sens plus faible qu’avant.

– Et c’est pour ça que tu vas travailler deux fois plus, pour retrouver ton niveau d’avant. Tu en es largement capable.

– Merci de me remonter le moral et d’être là pour moi, Tomoyo.

– De rien, ça sert à ça une meilleure amie. Allez, va te préparer et va travailler, ne sois pas en retard.

Son travail n’étant plus à Tomoeda, Sakura n’avait plus la possibilité d’y aller en roller comme à son habitude. C’est pourquoi, en attendant d’acheter sa propre voiture, elle avait emprunté la moto de Toya. Elle pouvait se faufiler entre les voitures, et gagner de précieuses minutes sur la route. Elle venait à peine de commencer, il n’était pas question pour elle d’arriver en retard.

Les cours qu’elle donnait étaient soit en groupes, soit individuels, pour des élèves de tout âge. Des enfants, comme des adultes. Le club venant d’être lancé, il n’y avait pas encore beaucoup de membres. Si bien qu’elle ne travaillerait pour le moment qu’à temps partiel, trois jours par semaine. Ce qui lui convenait finalement plutôt bien, puisque ça lui permettrait de reprendre doucement après son passage à l’hôpital, et aussi de consacrer du temps à son deuxième travail, celui de chasseuse de carte.

Mais pour aujourd’hui, elle donnait des cours en groupe le matin, et des cours individuels l’après-midi. Quand elle ouvrit le planning du jour, elle eut la surprise de voir « Hikari Shimizu » sur le dernier cours de la journée. La même Hikari qu’elle connaissant, son ancienne élève quand elle était professeure au lycée de Tomoeda, et membre du club d’athlétisme. Elle était au courant que Sakura travaillait désormais au club de tennis, mais elle ne lui avait pas dit qu’elle était inscrite en tant qu’élève dans ce même club. Elle avait probablement voulu lui faire la surprise.

L’avant-dernier créneau de la journée était consacré au cours d’essai. Les personnes intéressées pour suivre des cours, mais qui souhaitaient des informations, pouvaient venir à cette heure pour un avant-gout. Même si globalement tout le monde posait les mêmes questions et se renseignait majoritairement sur les horaires et les tarifs, c’était aussi l’occasion d’échanger quelques balles.

Le nouvel élève

Une quinzaine de minutes avant le cours d’Hikari, un jeune homme, un peu plus vieux de Sakura, rentra dans le club.

– Bonjour, Mademoiselle, dit-il à Sakura, je voudrais des renseignements sur les cours que vous donnez ici.

– Bonjour, Monsieur, que voulez-vous savoir, comment puis-je vous aider ?

– J’ai cru comprendre que vous donnez des cours individuels, c’est bien ça ?

– Exactement. Généralement, ce sont les cours de l’après-midi, mais nous pouvons nous adapter à vos besoins. Ces cours sont réservés aux personnes ayant déjà un peu pratiqué le tennis. Dans le cas contraire, nous conseillons les cours collectifs.

– Ca ne me posera pas de problème, j’ai déjà suivi quelques cours par le passé.

– Quel est votre niveau ? Avez-vous déjà joué en compétition ? Etiez-vous classé ?

– A vrai dire, non, jamais de compétition officielle. Juste quelques matchs comme ça, mais je pense tout de même avoir un bon niveau.

– Si vous le souhaitez, nous pouvons échanger quelques balles, ça me permettra de vous évaluer, et de savoir quels cours vous correspondraient le mieux.

– C’est justement ce que j’allais vous demander.

– Suivez-moi, on va aller sur le cours numéro deux. Prenez une raquette en passant.

– Pas la peine, j’ai déjà la mienne.

– C’est parfait, vous aviez vraiment tout prévu. Pendant combien de temps avez-vous suivi des cours de tennis ?

– Hmm, un ou deux ans je dirais.

« Un ou deux ans de tennis, et il dit avoir un bon niveau ? » s’interrogea Sakura, « Soit c’est un génie, soit c’est un prétentieux ».

Une fois sur le terrain, Sakura l’invita à prendre les balles à côté de lui.

– Vous vous souvenez comment servir ?

Elle avait à peine fini sa question, qu’il envoya un gros service qu’elle n’eut même pas le temps de rattraper.

– C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas, répondit-il en feignant la modestie.

– Je dois dire que je ne m’attendais pas à un tel service. Il n’y a pas assez de temps pour un match, on va juste faire quelques échanges. J’ai bien vu votre service, mais montrez-moi vos coups droits et revers.

La surprise passée, les deux joueurs se renvoyaient les balles sans trop mettre de puissance, afin que Sakura puisse évaluer au mieux son adversaire.

Au bout d’une dizaine de minutes, elle avait pu se faire une idée précise. Le jeune homme avait plutôt un bon niveau, et elle ne voyait pas trop ce qu’elle pourrait lui apprendre. Néanmoins, s’il avait besoin de partenaires pour s’entrainer et progresser, il avait sonné à la bonne porte.

Alors qu’il s’apprêtait à servir, il lui posa une question.

– Avez-vous des enfants, mademoiselle Kinomoto ?

Evidemment, Sakura avait une fille, Azusa. La fille dont personne ne se souvenait à part elle. Face à ses amis, elle faisait bonne figure et prétendait ne pas être mère. Hormis Tomoyo, Kaho et Shaolan, les autres ne comprendraient pas.

Mais en plein match, venant d’un inconnu, cette question la troubla. La balle, qui n’était pourtant pas envoyée très rapidement, passa à côté d’elle sans qu’elle essaie de la rattraper.

– J’ai… euh… Oui, j’ai une fille, répondit-elle. Mais elle n’est pas avec moi en ce moment.

Après avoir récupéré la balle, Sakura servit à son tour, une balle que son adversaire n’eut pas de mal à renvoyer. Au terme de l’échange que Sakura perdit, il continua.

– Je vois, j’imagine qu’elle a été placée en famille d’accueil ou est retournée chez son père ? Après trois mois passés dans le coma, c’était une sage décision. Ce n’est pas facile comme situation.

Le match avait pris une tournure inattendue. Le jeune homme en face d’elle était soudainement devenu très intrusif et commençait à faire des remarques très déplacées. Très professionnelle, Sakura le recadra poliment.

– Je préfère continuer à jouer plutôt que d’aborder ce sujet, dit-elle en servant.

Son adversaire ne prit pas la peine de renvoyer la balle.

– Ca ne sera pas nécessaire, je vais arrêter là. Votre prochain cours commence bientôt, et j’ai eu ce que je voulais. Je ne m’attendais pas à grand-chose, mais tout de même, c’est une déception. Vous n’avez clairement pas le niveau pour m’enseigner quoi que ce soit. Ca serait une perte de temps. Je voulais en avoir le cœur net, mais je commence à comprendre pourquoi vous avez été écartée du lycée. Ce n’est pas une grande perte. Ne vous inquiétez pas, je ferais mieux que vous. Ca ne sera pas difficile.

Sakura était bouche bée. Jamais de sa vie on ne lui avait parlé comme ça. Pas même en France. Elle entendit toute même quelqu’un l’appeler.

– Professeur ?

Les professeurs d’Hikari

Elle tourna la tête, c’était Hikari qui venait d’arriver. Mais quelque chose clochait. Même si elle venait pour son cours de tennis, elles étaient devenues très proches toutes les deux, et elle l’appelait habituellement par son prénom, et non pas professeure. Elle se rendit alors compte qu’Hikari ne la regardait pas, mais qu’elle s’était adressée à son adversaire. Alors que Sakura commençait à recoller les morceaux, il s’adressa à elle.

– Veuillez excuser mon impolitesse, Mademoiselle Kinomoto, j’ai oublié de me présenter. Je suis Muu Wakabayashi, le nouveau professeur de sport du lycée de Tomoeda.

Il se tourna vers Hikari et ajouta.

– Mademoiselle Shimizu, c’est tout à votre honneur de vouloir progresser, mais je doute que vous puissiez faire quoi que ce soit avec l’aide de votre ancienne professeure. Vous devriez aller voir ailleurs, ou laisser tomber. C’est aussi valable pour vous Mademoiselle Kinomoto.

Il déposa sa raquette sur le banc de touche et quitta tranquillement les cours de tennis.

Sakura était agenouillée par terre. La tête entre ses bras, elle pleurait. Elle attrapa sa raquette posée à côté d’elle, et commença à frapper le sol. Plusieurs fois, avec toute sa rage qu’elle essayait d’évacuer. Elle n’entendait pas Hikari qui lui demandait de se calmer. Elle ne pensait qu’à ce Wakabayashi qui, non content de lui remémorer de douloureux souvenirs concernant Azusa, l’avait complètement humiliée et lui avait fait perdre la confiance en elle, qu’elle avait eu tant de mal à retrouver.

Après plusieurs coups au sol, sa raquette était complètement tordue. Elle entendit enfin Hikari qui essayait toujours de la raisonner.

– Sakura, arrête, regarde ce que tu as fait à ta raquette.

– Désolée Hikari, tu ferais mieux de rentrer chez toi. Je ne suis bonne à rien.

– Ne l’écoute pas, tu vaux bien mieux que ça. On t’avait prévenu qu’il était particulier. Et tu viens de retrouver un travail qui te plait, tu ne peux pas abandonner comme ça.

– Non, ne t’inquiète pas, je n’abandonne pas. Mais c’est terminé pour aujourd’hui, il m’a trop mis en colère, je ne peux vraiment pas continuer. Et en plus, j’ai cassé ma raquette.

– Calme-toi, rentre chez toi, je vais me charger de tout ranger.

– Merci Hikari. Merci beaucoup.

Alors que Sakura était toujours à genoux par terre, Hikari faisait le tour du terrain pour récupérer les balles et ramasser ce qui trainait. Elle prit la raquette posée sur le banc de touche et demanda à Sakura.

– C’est une raquette du club ?

Sakura tourna la tête.

– Non, je n’ai pas l’impression, je pense que c’est à Wakabayashi. Prends-la avec toi, tu lui rendras… En fait non, range là avec les autres, bien fait pour lui, ça lui apprendra à me parler comme ça.

– Sakura, ce n’est pas très…

– S’il veut la récupérer, qu’il vienne la chercher, et qu’il me présente ses excuses, je lui rendrais.

– OK, comme tu veux.

Une fois le matériel rassemblé, Hikari disparut dans le local qui contenait tous les équipements.

Nouvelle carte

Sakura, encore traumatisée par sa rencontre avec le nouveau professeur de sport, se relevait doucement. Elle se dirigeait vers la porte de sortie quand elle entendit un cri provenant du local de rangement.

– Hikari, qu’est-ce que tu as ?

Elle la vit sortir du local en courant, suivie de près par une raquette qui flottait dans les airs.

– Sakura, mais qu’est ce que c’est que ça ?

Sakura reprit rapidement ses esprits. Elle savait exactement ce que c’était.

– C’est… c’est…

« C’est une carte de Clow », pensa-t-elle.

– C’est… impossible !

– Merci, Sakura, ça nous aide beaucoup. Ce truc veut nous tuer.

Sakura ressentait une certaine excitation. Ca faisait un moment qu’elle n’avait pas croisé la route d’une carte de Clow. Pour sûr, ça lui changerait les idées. Mais comment faire pour capturer cette carte alors qu’Hikari était là ?

Immobile, la raquette « regardait » Hikari qui venait de se placer à côté de Sakura. Elle fonça alors droit vers la jeune fille à une vitesse prodigieuse. Sakura eut à peine le temps de se jeter sur son amie pour la protéger, et fut frappée à l’épaule.

– Sakura, ça va ?

– Ne t’inquiète pas, j’ai connu pire, répondit-elle en souriant. Tu ferais mieux de rentrer chez toi.

– Et te laisser toute seule ici avec ce… machin ? Jamais de la vie. Je ne sais pas comment on va s’y prendre, mais on va s’en sortir.

– Tu sais, je ne pense pas que ça soit une bonne…

La raquette venait de charger à nouveau, et cette fois-ci c’était Hikari qui venait de protéger Sakura.

– Comme ça, on est quitte, dit-elle, masquant la douleur.

A ce rythme-là, elles allaient être couvertes de bleus. Soit Sakura arrivait à se débarrasser d’Hikari, soit elle allait devoir lui révéler la vérité. « Après tout, Tomoyo est au courant », pensa-t-elle.

– Ecoute Hikari, ne répète à personne ce que tu t’apprêtes à voir.

– Une raquette qui vole, non, je ne risque pas d’en parler aux autres, ils me prendraient pour une folle.

– Et encore, tu n’as pas tout vu, répondit Sakura en sortant son pendentif. Clé du sceau sacré, je te somme d’apparaître. Moi, Sakura, chasseuse de cartes, je te l’ordonne, libère ta puissance !

Sous les yeux ébahis d’Hikari, le pendentif de Sakura venait de se changer en sceptre magique. Il n’était plus l’heure de se cacher, Sakura n’avait désormais qu’un objectif : capturer cette carte. Et peu importe si son amie assistait à toute la scène. Elle saurait lui expliquer, comme à Tomoyo.

– Shield ! cria Sakura, alors que la raquette fonçait sur elles.

Une bulle protectrice se forma tout autour de deux jeunes filles. La raquette frappa de toute ses forces, mais le bouclier resta intact.

– Sakura, tu peux m’expliquer ce qu’il se passe ?

– Plus tard. En attendant, reste près de moi.

La raquette frappait inlassablement le bouclier, sans réussir à l’égratigner. Au bout d’un moment, elle se recula, puis dans un rayonnement se transforma en majestueuse épée.

– Sakura, c’est normal ça ?

– Tu crois vraiment que tout ce qui vient de se passer jusqu’à maintenant est normal ?

La raquette, maintenant changée en épée, reprit sa charge. Sous les coups, le bouclier commença à se fendiller.

– Hikari, je t’expliquerai tout plus tard. Mais pour le moment, quand je te donne le signal, je veux que tu coures le plus vite possible vers la sortie.

– D’accord.

Juste après que l’épée ait asséné un nouveau coup, Sakura supprima la bulle protectrice et donna le feu vert à Hikari.

– Maintenant ! Cours !

Un combat impitoyable

Hikari courut aussi vite qu’elle le put vers la sortie. Pendant ce temps, l’épée avait relancé sa charge. Sakura bloqua l’attaque avec son sceptre, qui se trouva être beaucoup plus résistant qu’elle ne l’aurait imaginée. Il faut dire aussi qu’elle ne l’avait encore jamais mis à l’épreuve de cette manière.

– Shield ! cria-t-elle alors qu’elle était en train de faiblir.

Le sceptre se transforma en bouclier. Pas un bouclier sphérique comme la bulle protectrice de tout à l’heure, mais un vrai bouclier, comme possédaient les chevaliers dans les livres d’histoires ou les jeux vidéo.

En plus de bloquer l’attaque, le bouclier émit une onde de choc qui repoussa son assaillant. Shield la protégeait, mais il fallait maintenant trouver un moyen de passer à l’attaque. Sakura essayait de se remémorer les enseignements théoriques prodigués par Kéro. De toute évidence, cette carte de Clow était Sword. Ce qui était sûr, c’est qu’elle n’allait pas se laisser capturer sans opposer de résistance. Comment pouvait-elle s’y prendre ? L’immobiliser avec Wood ? Non, il n’y avait aucune chance que ça fonctionne, une épée si aiguisée ne ferait qu’une bouchée des lianes de Wood. Elle repensa alors au cycle des cinq éléments chinois. « Le feu détruit le métal », se dit-elle.

– Fire Wall !

Alors que l’épée s’apprêtait à relancer ses attaques, Sakura forma un mur de flamme qui formait une frontière entre elle et son adversaire. Sword ne savait plus quoi faire, elle n’osait pas approcher de Sakura. Etant une carte liée à l’élément de métal, elle ne pouvait rien faire face au feu. Sakura devait maintenant s’arranger pour prendre au piège Sword à l’intérieur des flammes.

Mais alors qu’elle allait relancer un sort, elle tomba à genoux.

– Non, ce n’est pas possible, dit-elle, des sanglots dans la voix. Pourquoi fais-tu ça ?

La carte venait de prendre une nouvelle apparence. Elle avait désormais les traits d’une petite fille qui tenait une épée dans ses mains.

– Non… pas Azusa…

La carte de Clow avait emprunté l’apparence de la fille disparue de Sakura.

La fillette avançait lentement vers Sakura. Le mur de feu, qui quelques secondes plus tôt était au plus vif, faiblissait continuellement à mesure que la carte s’approchait.

A genoux, Sakura faisait à peu près la même taille que Sword qui était désormais à côté d’elle.

– Azusa… dit-elle en posant la main sur son visage. Pourquoi ?

L’expression de la carte ne laissait transparaitre aucune émotion. Evidemment, ce n’était pas Azusa, elle ne ressentait rien. Mais pour Sakura, même si elle le savait, l’émotion et la peine étaient bien réelles.

Sword fit un pas en arrière et leva son épée, tel un couperet prêt à s’abattre sur sa victime. Au moment où elle allait toucher Sakura, cette dernière lança un nouveau sort.

– Fire whip !

Sous le coup de la surprise, la carte n’eut pas le temps d’éviter la contre-attaque de Sakura. L’épée qu’elle tenait dans sa main venait d’être enlacée par une corde enflammée.

– Je te tiens ! Tu pensais vraiment pouvoir me berner en prenant l’apparence de ma fille ? Tu lui ressembles peut-être, mais tu n’es pas elle. Tu as voulu jouer avec moi, inversons maintenant les rôles.

Les lianes de feu progressaient peu à peu et s’enroulaient désormais autour des bras de la carte de Clow.

– Maintenant que tu ne peux plus t’échapper, tu vas me dire ce que tu sais. Dis-moi où est Azusa.

Impassible, la carte ne répondait pas, elle se demandait probablement ce que lui voulait son adversaire. Sakura resserra son emprise. Les lianes étaient de plus en plus serrées et montaient désormais jusque dans le cou de Sword.

– Réponds-moi ! Je suis la maitresse des cartes, tu dois m’obéir, dis-moi où est ma fille.

– Aie, répondit-elle, je ne sais pas, vous me faites mal.

– Tu te décides enfin à parler. Alors dis-moi ce que je veux savoir, sinon je vais resserrer la corde davantage et la douleur n’en sera que plus grande.

– S’il vous plait, arrêtez, je ne sais pas où est votre fille, je ne sais pas ce qui lui est arrivé.

– Cette réponse ne me satisfait pas. Erase l’a fait disparaitre. C’est une carte comme toi qui est à l’origine de sa disparition, tu sais forcément quelque chose.

Sous l’effet de la pression, l’épée, que tenait la carte dans ses mains, se désagrégea.

– Parle, sinon tu vas subir le même sort que ton épée.

Folle de rage, Sakura n’avait pas remarqué que quelqu’un était arrivé et courait vers elle. Une bourrasque l’envoya voler dans le filet de tennis, tandis qu’une vague d’eau se déversa sur Sword, éteignant ainsi les lianes de flammes qui la retenaient prisonnière.

Quand elle se releva, elle vit Shaolan qui se tenait debout entre elle et la carte.

– Shaolan, c’est toi qui as fait ça ?

Le garçon s’approcha de Sakura, et lui saisit le poignet de la main qui tenait le sceptre.

– A quoi tu joues Sakura ?

– J’essaie de lui faire dire où se trouve Azusa. Et toi, pourquoi as-tu fait ça ?

– Tu es la chasseuse de carte, Sakura. Ton rôle est de les capturer, pas de leur faire subir un interrogatoire.

– Lâche-moi, et écarte-toi Shaloan, lui dit-elle en dégageant son poignet. Si elle sait quelque chose, elle va me le dire.

– Arrête un peu d’être obstinée. Regarde là, elle est terrorisée, elle ne sait rien.

– Je ne laisserai personne se mettre en travers de mon chemin, pas même toi, Shaolan.

Sakura leva son sceptre pour lancer une nouvelle incantation.

– Firey !

Rien ne se passa, aucune carte, aucune flamme n’apparut.

– Firey ! insista Sakura, sans grand effet.

– Regarde, même les cartes que tu possèdes ne t’obéissent plus. Tu as peur de ne jamais pouvoir retrouver ta fille. Ne laisse pas cette peur se transformer en colère. La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance.

– Les cartes sont responsables de ce qui est arrivé, elles doivent me rendre Azusa.

– Tu te trompes, Sakura. Les cartes sont inoffensives, elles ont un bon fond. Elles sont parfois un peu seules, et apeurées, elles se mettent à faire n’importe quoi, mais elles ne cherchent pas à faire le mal. Regarde derrière moi, est-ce que Sword a repris ses attaques ? Tu as voulu utiliser Firey pour m’attaquer, mais elle t’en a empêchée. Je connais bien la nature des cartes, je t’assure qu’elles n’ont rien à voir avec la disparition d’Azusa. Ou alors, c’est involontaire.

Shaolan s’avança vers Sakura et la prit dans ses bras.

– Tomoyo, Kaho et moi-même t’avons fait confiance. Nous ne connaissons pas Azusa, mais nous avons décidé de te croire et te t’aider. Accorde-nous cette confiance en retour. Et maintenant, fais ton devoir de Card Captor, capture cette carte avant qu’elle ne fasse plus de dégâts.

Quelques larmes coulaient sur les joues de Sakura. Elle se sentait impuissante face à la disparition de sa fille, et Shaolan venait de lui donner une leçon de morale.

– La seule piste que nous avons, c’est l’éventuel retour de Kéro quand tu auras rassemblé toutes les cartes. C’est faible, mais tu dois te raccrocher à ça. Alors capture cette carte.

Sakura recula, brandit son sceptre et commença à réciter l’incantation.

– Carte de Clow, reprend ta forme originelle, je te l’ordonne !

Sans opposer de résistance, Sword abandonna l’apparence d’Azusa, et vint se matérialiser sous la forme d’une carte, dans la main de Sakura.

– Combien ça t’en fait maintenant ?

– C’est la onzième.

– C’est très bien, tu as fait plus de la moitié du chemin. Et en plus, tu as déjà Firey, Windy et Watery, qui sont parmi les plus puissantes. Le reste ne te posera pas problème.

– Pardon Sword, je n’ai pas su contrôler mes émotions, dit-elle en regardant la carte qu’elle venait de capturer.

– Les cartes de Clow ne sont pas qu’un réceptacle magique. Elles ont aussi leurs propres caractères, personnalités et émotions. Apprends à les connaitre pour pouvoir les maitriser.

– Je vais essayer de suivre tes conseils. Merci Shaolan.

– Au revoir Sakura.

Alors que le garçon commençait à s’éloigner, Sakura l’interpela.

– Attends… Shaolan. Est-ce que tu serais d’accord pour aller au parc avec moi, un peu plus tard, quand tu seras disponible ?

– Tu as besoin d’aide pour apprendre à maitriser ta magie ?

– Non, enfin si, j’ai peut-être besoin d’aide, mais ce n’est pas ce que j’avais en tête, répondit-elle en rougissant.

– Ah, tu veux parler de ce genre de sortie. Euh… c’est un peu gênant, mais d’accord, je t’enverrai un message. A bientôt, Sakura.

Quelques explications

Tout en le regardant s’éloigner, Sakura repensait au passé dont elle seule se souvenait. Elle n’avait pas en tête tous les détails, mais ce sentiment, qu’elle venait de ressentir en demandant à Shaolan de l’accompagner au parc, ne lui était pas inconnu. Tous deux avaient eu une histoire ensemble, Sakura le savait, il lui fallait maintenant tout reconstruire.

– Sakura, tout va bien ? l’interrompit Hikari.

– Oui, ça va mieux.

– Bon, il est temps de respecter ta promesse. Peux-tu maintenant m’expliquer ce qu’il vient de se passer ? Tu es une sorte de magicienne sortie de Poudlard ?

– Pour la magie, tu tiens le bon bout, c’est un peu ça. Par contre, rien à voir avec Poudlard. Alors, par où commencer ? Il y a très longtemps existait un puissant sorcier du nom de Clow Read. Il a créé des cartes, les cartes de Clow, contenant chacune une partie de sa magie. Il y en a 19 au total. A sa mort, les cartes ont été scellées dans un livre, mais il y a un an environ, le livre a été ouvert, et les cartes ont été dispersées. Depuis, j’ai la mission de toutes les capturer avant qu’un fléau ne s’abatte sur la Terre. La raquette de tennis qui nous a attaqués tout à l’heure est en fait l’une de ces cartes, Sword, la carte de l’épée.

– Ah oui, ça explique pourquoi cette raquette s’est transformée en épée. Mais… WAHOU, la magie existe vraiment alors ? Et tu utilises la magie ?

– Oui, en tout cas celle de Clow. Mais d’autres personnes savent aussi utiliser d’autres types de magie, comme Shaolan, le garçon que tu as dû voir il y a quelques minutes. Je ne sais pas trop d’où ça vient, mais c’est comme ça. J’ai préféré l’accepter plutôt que de tout comprendre.

– J’imagine que ce Shaolan est au courant puisqu’il était là quand tu t’es battue contre cette « carte ». D’autres personnes savent ?

– A part lui et toi, il y a aussi Tomoyo, ma meilleure amie, ainsi que Kaho, la femme de mon grand frère Toya. Et même s’il n’a pas connaissance des Clow cards, je suis sûr qu’il doit se douter de quelque chose.

– De faire partie des quelques personnes qui savent, je me sens privilégiée.

– Garde ce privilège pour toi, je ne tiens pas à ce que d’autres personnes soient au courant.

– Ne t’inquiète pas, je serais muette comme une tombe. De toute manière, qui me croirait. D’autres choses que je devrais savoir ?

Sakura hésita quelques secondes avant de continuer. Elle ne savait pas si elle devait lui parler d’Azusa ou pas. Finalement, elle décida de garder ça pour elle.

– Non, c’est tout. Pas d’autres choses surnaturelles.

– Mais en fait, tout s’explique, continua Hikari. Un peu avant la compétition d’athlétisme inter-lycée, j’avais vu des choses bizarres venant du terrain de sport. C’était le soir, la ville était calme, il faisait nuit, et pourtant il y avait comme de la lumière et du bruit qui venaient de là. Quand je t’ai vu quitter le terrain, je t’ai demandé ce qu’il se passait, et tu m’avais répondu un truc du genre…

– … c’est une sorte de gros moustique qui est venu se griller les ailes dans les projecteurs, ça a fait disjoncter l’alimentation, j’ai dû tout relancer à la main. Oui… je m’en souviens…

– Oui, c’était exactement ça. C’était tellement grotesque comme explication, que je n’ai même pas cherché à en savoir plus. Mais c’était une carte.

– Oui, c’était bien une carte.

Les deux filles reprirent le rangement qu’elles avaient commencé avant l’attaque de Sword, puis quittèrent le club de tennis. Sakura lui promit de reporter la séance plus tard. Avec tout ce qui venait de se passer, Hikari avait complètement oublié qu’elle était venue pour son cours de tennis.

Un nouvel ennemi

De retour à Tomoeda, Muu Wakabayashi arborait un sourire satisfait, tandis qu’il rentrait chez lui. Satisfait d’avoir décontenancé Sakura au point qu’elle soit incapable de poursuivre le match de tennis. Satisfait que son plan ait marché comme prévu.

Il habitait une grande maison qui tranchait avec le reste du voisinage, par son style très occidental, avec des murs à colombage, sur trois étages, incluant le rez-de-chaussée.

Arrivée dans ce qui semblait être la pièce principale de cette immense demeure, il s’assit dans un fauteuil en prenant une tasse de thé, posée sur la table basse juste à côté.

– Fais attention, Muu, je viens de faire le thé, il est très chaud.

En face de lui, dans la pénombre, une fille plus jeune que lui était assise dans un coin de la pièce.

– Merci, se contenta-t-il de répondre.

Devant l’absence de discussion, il s’impatienta et prit la parole.

– Tu ne me demandes pas comment ça s’est passé ?

– Comment ça s’est passé ? demanda simplement la jeune fille.

– Un vrai succès ! exulta-t-il. Cette Sakura Kinomoto est au plus mal. Je l’ai humiliée, je pense qu’elle n’est pas près de revenir au lycée. Le choc qu’elle a eu quand elle a découvert que j’étais le professeur qui l’avait remplacée.

– Et pour le reste ?

– Ca suit son cours, elle vient de capturer Sword, comme prévu. Elle a fait preuve de sadisme et de méchanceté envers cette pauvre carte. Je ne pensais pas que ça serait si simple, mais tant mieux pour nous, ça va dans le sens de notre plan. Si elle continue comme ça, les cartes ne lui obéiront bientôt plus, et il n’y aura qu’à se baisser pour les ramasser.

– Et si ça arrive avant qu’elle ne les ait toutes capturées.

– Alors ça sera à toi d’entrer en scène et capturer les cartes restantes.

Toujours dans le coin de la pièce, la jeune fille marqua une pause avant de répondre.

– Ca ne se passera pas aussi facilement que tu le penses. Ce garçon, il peut tout changer. Il est la lumière qui illumine son cœur, qui la guide dans sa quête. Il te donnera du fil à retordre.

– Alors je m’en débarrasserai.

– Tu as dû le sentir, c’est un descendant de Clow, ça ne sera pas si facile.

– Alors il rejoindra son ascendant au sous-sol. Je scellerai ses pouvoirs comme j’ai scellé ceux d’Eriol Hiiragizawa. La réincarnation de Clow et son descendant, tous deux enfermés dans sa propre maison, c’est ironique.

– On verra bien ce que le futur nous réserve. Mais tu ne devrais pas sous-estimer Sakura et Shaolan.

– Il suffit ! répondit Muu en haussant la voix. Je sais ce que j’ai à faire, et je ne supporte pas qu’une fille comme toi vienne m’importuner. Contente-toi d’observer et d’attendre. Tu rentreras dans la partie le moment venu. En attendant, cesse de jouer les oiseaux de mauvais augure, ou…

– Ou quoi ? l’interrompit la jeune fille, sur un ton de défi.

– Ou je pourrai restreindre tes libertés encore un peu plus.

– N’oublie pas qu’à la fin, tu auras besoin de moi. A toi de choisir si tu veux que je sois ton alliée ou ta rivale.

Sans rien ajouter, Muu Wakabayashi se leva et sortit de la pièce sa tasse de thé à la main. Un peu plus loin, il ouvrit une porte derrière laquelle un escalier menait au sous-sol. Arrivé en bas des marches, il regarda fixement en face à lui. Au milieu d’un cercle magique, une chaise sur laquelle un jeune homme était assis.

– Bonjour Eriol.


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