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Chapitre 14 : Le réveil de Sakura – Partie 1

Nouvelle année au lycée

Sakura était dans sa chambre en train de préparer ses affaires, quand elle entendit la sonnette de la porte.

– J’arrive, j’arrive ! cria-t-elle.

Elle referma son sac et descendit les escaliers en courant alors que la sonnette continuait de retentir.

– Oui, me voilà, continua-t-elle à crier, alors que de toute évidence la personne dehors ne l’entendait pas.

Avant de sortir, elle passa par la cuisine prendre son bento qui l’attendait dans le réfrigérateur. En ouvrant la porte de la maison, elle vit Tomoyo furieuse d’avoir attendu tout ce temps.

– Sakura, dépêche-toi un peu, on va être en retard. Il y a un an déjà, pour ta première année au lycée, tu étais aussi en retard.

– Tu exagères Tomoyo, ça ne s’est joué qu’à quelques minutes.

– Même quelques minutes, un retard reste un retard, et deux années de suite, ce n’est vraiment pas sérieux.

– Pardon Tomoyo, tu sais, moi et la ponctualité…

– Oui, je sais… Tu as de la chance d’être ma meilleure amie, d’être si mignonne, et d’être ma petite Sakura. Ton réveil était en panne ?

– J’ai eu du mal à émerger, j’ai fait un rêve trop bizarre.

Les deux amies étaient en train de marcher, en direction du lycée de Tomoeda, à un rythme plutôt tranquille. En fait, elles n’étaient pas si en retard que ça, Tomoyo était juste pressée de voir Sakura, et maintenant elle faisait durer le plaisir en rallongeant le trajet. Elle avait tout calculé, elles arriveraient tout juste à l’heure.

– De quoi as-tu rêvé ?

– D’une sorte de gros lion jaune.

– Le Roi Lion ?

– Non, pas du tout. En fait, c’était vraiment bizarre. C’était un lion avec des ailles, il pouvait voler, et crachait du feu.

– Comme une sorte de dragon-lion ?

– Un quoi ?

– Une bête mi-dragon, mi-lion. C’est le personnage central du roman que Naoko est en train d’écrire. Elle a toujours eu beaucoup d’imagination.

– Je n’étais pas au courant. Mais en tout cas, ça n’avait rien d’un dragon, c’était vraiment beaucoup plus proche d’un lion.

– Et donc, de quoi te parlait ce fameux lion ?

– Il me disait que j’avais une mission à accomplir, que je devais me réveiller, qu’il comptait sur moi, que tout le monde comptait sur moi.

– Ma petite Sakura, tu es l’élue, je le savais, ta mission est de sauver le monde des méchants mangemorts.

– Stupefix ! cria Sakura, en prenant la position de quelqu’un qui lançait un sort avec une baguette magique.

– Alohomora, dit à son tour Tomoyo.

– Ce n’est pas avec ce sort que tu vas m’aider à combattre les forces du mal, ma pauvre Tomoyo, répondit-elle en rigolant.

Les deux amies, qui avaient continué à discuter d’Harry Potter, du rêve de Sakura, et de la rentrée, arrivèrent finalement devant le lycée.

– Ah au fait, j’ai failli oublier. Bon anniversaire ma petite Sakura, lui dit Tomoyo en la serrant dans ses bras.

– Merci beaucoup, répondit-elle en rougissant.

– Je te souhaite plein de bonheur, que cette nouvelle année se passe bien pour toi, et que ta « mission » soit une réussite.

– Bah écoute, pour le moment, ma seule mission c’est surtout de réussir cette nouvelle année. La première, ensuite la terminale, et à nous l’université.

Après avoir fait un passage par la cour, elles virent qu’elles étaient à nouveau dans la même classe. Depuis l’école primaire, elles ne s’étaient pas quittées. Il faut dire aussi qu’il n’y avait pas beaucoup d’habitants à Tomoeda, elles étaient quasiment assurées d’être toujours dans la même classe. Elles se dirigèrent donc vers leur salle de cours. Naoko, Rika, Chiharu et Yamazaki étaient déjà arrivés et installés. Elles les saluèrent discrètement avant d’aller s’asseoir à leur place. Une fois de plus, ils se retrouvaient tous ensemble. Et une fois de plus, c’était Monsieur Terada qui les accueillait pour débuter la nouvelle année scolaire.

– Hé Sakura ! chuchota Tomoyo, tu as vu, c’est encore Monsieur Terada.

– Oui, c’est fou quand même, on croirait qu’il le fait exprès. Il doit bien nous aimer.

Chiharu qui avait tout entendu pouffa de rire, puis se retourna vers Rika qui était déjà rouge comme une pivoine et s’adressa à elle.

– Il doit vraiment bien nous aimer.

Les autres amies rigolèrent, alors que Sakura ne comprenait définitivement pas ce qui était en train de se passer.

Le nouvel élève

Monsieur Terada s’était mis debout et frappa dans ses mains pour demander le silence.

– Bonjour à tous, je suis très heureux de vous revoir. On va passer l’étape des présentations, je vous connais déjà tous. En revanche, nous accueillons un nouveau cette année.

La porte de la classe coulissa, un garçon entra et vint se placer à côté de Monsieur Terada.

– Bonjour, dit le garçon sur un ton qui ne donnait franchement pas envie de lui adresser la parole.

– Je vous présente Shaolan Li, il vient de Hong Kong. Je compte sur vous pour être gentil avec lui.

Shaolan fixait Sakura du regard.

– Tu as vu Sakura, lui chuchota Tomoyo, il n’arrête pas de te regarder.

Déstabilisée par son regard et par ce que Tomoyo venait de lui dire, elle ne savait quoi répondre.

– Tu peux aller t’asseoir là-bas, continua Monsieur Terada en pointant son doigt en direction de Sakura. Derrière Kinomoto, il y a une place de libre.

Au moment où il passa à côté d’elle, Sakura ressentit comme une sensation de déjà-vu. Elle avait l’impression d’avoir déjà vécu cette scène. Et quelqu’un lui avait déjà parlé des déjà-vus, qui était-ce ?

Shaolan s’installa derrière elle et ne cessait de la fixer. Même si c’était un peu terrifiant, Tomoyo trouvait ça plutôt amusant, et rigolait intérieurement en les voyant tous les deux. Sakura, quant à elle, passa le reste du cours avec la sensation que quelqu’un la regardait.

A la fin du cours, Shaolan se leva et se plaça devant Sakura.

– Kinomoto, dit-il sur un ton direct.

C’était tellement soudain et fort que tout le monde autour d’eux l’avait entendu, et commençait à le regarder pour savoir ce qu’il allait ensuite dire.

– Li ? répondit-elle un peu gênée.

– Retrouve-moi dans dix minutes sur le terrain de sport, je dois te parler.

Sans dire un mot de plus, il se retourna et sortit de la classe.

– Wahou ! Sakura, premier jour de la rentrée, et tu as déjà un rencard, la taquina Chiharu.

– Mais qu’est-ce qu’il me veut ?

– Je ne sais pas, continua Tomoyo, mais le meilleur moyen de le savoir, c’est d’aller le voir dans dix minutes.

– Mais je ne peux pas, il m’intimide trop, tu as vu comment il me regardait.

– Ne t’inquiètes pas Sakura, on vous surveillera de loin, lui répondit Naoko.

– Je ne sais pas si ça me rassure vraiment. Tu ne veux pas m’accompagner Tomoyo ?

– C’est à toi qu’il a donné rendez-vous Sakura, pas à moi.

– Woé, arrête d’appeler ça un rendez-vous, ça me met mal à l’aise. Ca n’en est pas un.

– Pourtant, quand un garçon demande à une fille de le retrouver dans dix minutes, c’est un rendez-vous. Aie confiance en toi, Sakura, tout se passera bien. On te regardera de loin.

– Je dois vous laisser les filles, vous me raconterez ce qu’il s’est passé, moi aussi j’ai un rendez-vous.

– A plus tard, Rika, amuse-toi bien !

– Mais avec qui elle a rendez-vous ? demanda Sakura.

– N’essaie pas de changer de conversion ! Tu dois y aller, sinon tu vas être en retard.

Sakura rangea ses affaires, sortit de la salle de classe, et se dirigea vers le terrain de sport. Quelques secondes après elle, ses trois amies sortirent à leur tour de la salle pour la suivre de loin.

Shaolan était déjà sur le terrain de sport quand elle arriva. Une fois face à face, il s’adressa à elle.

– Combien en as-tu récupéré ?

– Quoi ? De quoi parles-tu ?

– A ton avis, de quoi je peux bien parler ? Je te demande combien tu en as déjà capturé.

– Désolé Li, mais je ne comprends pas ce que tu dis.

– Je te parle des cartes.

– Les cartes ? Je n’ai jamais trop été cartes de jeux, j’avais bien quelques cartes Pokémon quand j’étais au collège, mais ça fait bien longtemps que j’ai arrêté.

– Mais tu es idiote ou tu le fais exprès ? lui demanda-t-il de manière virulente en faisant un pas vers elle. Combien as-tu de cartes de Clow ?

Un peu plus loin, les filles les observaient.

– Vous avez compris quelque chose ? demanda Tomoyo.

– J’ai entendu qu’il a dit que Sakura était idiote, mais rien d’autre, répondit Chiharu.

– Je suis désolé, Li, je ne sais vraiment de quoi tu parles. Clow, je ne sais pas ce que c’est. Et ces cartes, ça ne me dit rien. Et arrête de me parler comme ça, je n’aime pas ça.

Shaolan la fixait droit dans les yeux.

– Tu dis la vérité… Tu n’as absolument aucune idée de ce que sont les cartes de Clow ?

– Puisque je te dis que non.

– Je ne comprends pas comment c’est possible. Tu es la chasseuse de carte, tu devrais avoir connaissance des cartes, et tu devrais déjà en avoir capturé. Kérobéro ne t’a donc rien appris ?

– J’en ai marre Li, je ne comprends rien. Je m’en vais.

Alors qu’elle tournait les talons et commençait à marcher en direction de la sortie, Shaolan la rattrapa et la retourna vers lui en lui mettant les mains sur les épaules. Instinctivement, Sakura se dégagea et le repoussa avec force. Ne s’y attendant pas, Shaolan tomba vers l’arrière et atterrit sur ses fesses.

– Ne me parle pas comme ça, ne me touche pas, ne m’adresse plus jamais la parole. On ne se connait pas, je ne sais pas ce que tu veux, mais laisse-moi tranquille.

Sakura sortit du terrain, suivi de peu par les filles qui étaient sorties de leur cachette. Alors que Shaolan, déboussolé, était toujours par terre, un groupe de garçons passa à côté de lui.

– Alors le nouveau, premier jour ici et tu te prends déjà un râteau. T’as pas choisi la plus facile. Kinomoto nous écrase dans tous les sports. Provoque là encore, et tu vas te retrouver à l’hôpital.

Ignorant le groupe, il se releva et sortit à son tour du terrain.

Un duo inattendu

Sakura était assise sur un banc dans le parc de l’empereur pingouin. Elle regarda sa montre, il était déjà tard, elle semblait attendre quelqu’un qui était visiblement en retard.

Un garçon venait d’entrer dans le parc, c’était Shaolan. Il s’approcha d’elle.

– Bonjour Kinomoto. On va parler calmement ou tu comptes encore me frapper ?

– Désolé Li, j’ai réagi un peu nerveusement lors de notre première rencontre. Je ne comprenais pas ce que tu me disais, tu as dit que j’étais idiote, ça ne m’a pas plu. Quand tu m’as touché, j’ai répondu. Je ne voulais pas te faire mal ou t’embarrasser dès ton premier jour avec nous.

– C’est pour ça que tu m’as demandé de venir ? Ecoute, moi aussi je suis désolé de t’avoir parlé comme ça, mais je n’ai pas de temps à perdre avec ces futilités, j’ai d’autres choses à faire. Au revoir Kinomoto.

Alors qu’il sortait du parc, Sakura l’interpella.

– J’ai rencontré Kérobéro.

Shaolan s’arrêta net et se retourna vers elle.

– Qu’as-tu dit ? lui demanda-t-il sur un ton bien plus calme que lors de leur première rencontre.

– Il y a quelques jours, dans ma bibliothèque, j’ai ouvert un livre et Kérobéro est apparu devant moi. C’était le livre…

– …de Clow, compléta Shaolan. Ca a donc fini par arriver, les cartes ont été libérées.

– Désolé Li, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, j’ai l’impression d’avoir fait une bêtise.

– Ne t’en fais pas, c’était inévitable. Les cartes devaient se réveiller, ce n’était qu’une question de temps. Quand je suis arrivé il y a un mois, j’étais étonné qu’elles soient encore endormies. J’étais persuadé que tu avais déjà pris connaissance de ta mission, c’est pour ça que j’ai été si insistant, mais j’ai compris que je me trompais. C’est moi qui suis désolé.

– Mais au final, que veux-tu ? Que fais-tu ici ? Pourquoi les cartes sont-elles importantes pour toi ?

– J’appartiens à la famille Li, nous sommes des descendants de Clow Read, le créateur des cartes. Ma mère m’a envoyé ici pour t’aider dans ta mission. J’imagine que Kérobéro t’a expliqué ce qu’il se passerait si toutes les cartes n’étaient pas rassemblées ?

– Il a été assez vague, mais il m’a dit qu’un fléau s’abattrait sur la terre. Tu sais de quoi il s’agit ?

– Non, je ne sais pas, probablement que personne ne le sait, à part Clow lui-même. Mais si ce fléau inquiète tant le grand gardien du livre de Clow, c’est que ça doit être terrible.

Sakura semblait perplexe.

– Le grand gardien ? Tu parles de Kéro ?

– Oui, le grand Kérobéro, le gardien du livre.

– Alors on ne doit pas avoir la même définition de « grand ». Tu l’as déjà vu ? Kéro c’est sorte d’ours en peluche jaune, avec des ailes dans le dos. Il n’est pas vraiment grand.

– A vrai dire, non, je ne l’ai jamais vu, mais c’est surtout une manière de parler, je ne sais pas à quoi il ressemble. Je sais juste que c’est l’un des deux gardiens.

– Un des deux ? Il y en a un autre ?

– Mais tu ne sais vraiment rien, ma parole ! Kéro ne t’a rien appris ?

Sakura le regardait d’un air furieux.

– Effectivement, je ne sais rien, je n’ai pas demandé à être l’élue, la Card Captor, je veux juste profiter de ma vie de lycéenne. Mais toi et Kéro vous êtes venus tout casser. J’ai seize ans, je veux faire ce que toutes les filles de seize ans font, aller au lycée, faire des sorties entre filles, trouver un copain. Mais pas sauver le monde. Tu dis que ta mère t’a demandé de venir m’aider, et bien écoute là, aide-moi vraiment ! Je n’ai pas besoin de quelqu’un qui me répète que je suis idiote, que je ne sais vraiment rien.

Au fur et à mesure qu’elle parlait, son ton gagnait en intensité, elle se rapprochait de lui, tout en tapant son index sur sa poitrine pour rythmer ses paroles. Shaolan recula jusqu’à se prendre les pieds sur une petite bordure délimitant l’aire de jeu pour les enfants. Comme il y a un mois, il se retrouva les fesses par terre, avec Sakura, furieuse, qui le regardait de haut. Cette fois, elle ne s’éloigna pas, mais lui tendit la main pour l’aider à se relever.

– Partenaires ? lui demanda-t-elle.

Shaolan prit sa main et se releva. Toujours main dans la main, il la fixa dans les yeux. Sakura souriait. Gêné, il dégagea sa main de la sienne, et se tourna dans la direction opposée pour que Sakura ne le voie pas en train de rougir.

– Partenaires, répondit-il simplement en quittant le parc.

Alors que Sakura le regardait partir, elle vit quelque chose bouger dans les buissons. Était-ce une carte qui avait décidé de passer à l’attaque ? Elle posa une main sur son pendentif, prête à invoquer son sceptre, lorsque Tomoyo sortit du buisson, son téléphone à la main.

– Sakura. J’ai tout filmé, c’était in-cro-yable.

Ses yeux pétillaient de bonheur.

– Comment tu l’as envoyé valser ! Tu as raison d’imposer ta domination. Partenaires ? Vraiment ? Laisse-moi rire ! Tu es Batman, et c’est ton Robin. Tu es Harry et c’est Ron.

– Hermione.

– Li est Hermione ?

– Mais non, c’est moi Hermione. Studieuse, intelligente, belle. Hermione est bien mieux qu’Harry.

– Mais alors si tu es Hermione, et que Li est Ron… Vous finirez surement ensemble à la fin de cette histoire !

– Mais non, ne raconte pas n’importe quoi, Tomoyo. Notre relation est strictement professionnelle. On doit juste sauver le monde ensemble, d’un fléau inconnu. Mais…

– Mais ?

– Mais c’est vrai qu’il est mignon, répondit Sakura en rougissant à son tour.

– Je le savais ! Il te plait, j’ai raison ?

– Comme je t’ai dit, il est mignon, je n’en dirai pas plus. De toute manière, on doit se concentrer sur la capture des cartes, c’est le plus important, j’espère que ça ira vite.

Les deux amies quittèrent à leur tour le parc de l’empereur pingouin.

– J’ai confiance en toi, Sakura, tu es la meilleure, en quelques mois ça sera réglé.

– J’espère bien.

– Et une fois que tout sera réglé, on pourra se concentrer sur ta vie amoureuse.

– Mais arrête Tomoyo, ça me gêne.

– Je sais, mais tu es trop mignonne quand tu es gênée, ma petite Sakura.

Rendez-vous amoureux

Par un bel après-midi d’automne, Sakura et Shaolan étaient assis à la terrasse d’un café à Tokyo. Agacée de le voir envoyer des messages sur son téléphone, elle s’adressa à lui.

– Tu ne veux pas profiter un peu de notre temps ensemble plutôt que de jouer avec ton téléphone ?

– Désolé Sakura, je répondais à ma mère.

– Qu’est-ce qu’elle veut encore ? demanda-t-elle.

– A ton avis ? Toujours la même chose. Elle me demande où en est la capture des cartes.

– Ca devient agaçant à la fin.

– Essaie de la comprendre, elle m’a envoyé ici pour t’aider, et un an et demi plus tard nous n’avons toujours pas tout récupéré.

– Il en reste encore, mais nous avons bien avancé. On en a déjà treize. Et surtout, nous avons récupéré la carte du feu qui a permis à Kéro de reprendre sa forme originelle.

– Sans vouloir être désobligeant, elle s’en fiche un peu de Kéro, ce n’est vraiment pas ce qui compte pour elle.

Le sac que Sakura portait sur ses genoux se mit alors à bouger et des grognements en sortirent. Surprise, elle ouvrit son sac, et constata qu’un passager clandestin s’était joint à leur sortie à Tokyo.

– Mais Kéro, qu’est-ce que tu fais là ? lui demanda-t-elle à voix basse.

– Tu ne crois quand même pas que j’allais te laisser seule avec ce petit minus.

– Je t’entends, c’est toi le minus, répondit Shaolan.

– Je sais bien que tu m’entends… minus. J’ai fait exprès de dire ça suffisamment fort.

– Franchement, si on m’avait dit que le gardien du livre de Clow avait l’âge mental d’un gamin de douze ans, je ne l’aurais pas cru. Et je suis sûr que même les gamins de douze ans sont plus matures que toi.

– Répète un peu pour voir.

– Mais arrêtez tous les deux, les coupa Sakura en refermant son sac. Franchement, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Vous êtes tous les deux inestimables dans la capture des cartes. Sans vous, je n’y serais jamais arrivé. Et reconnais, Shaolan, que Kéro est beaucoup plus utile maintenant qu’il a retrouvé sa forme originelle.

– J’avoue, c’est vrai. Il faut dire aussi qu’avant…

– Stop, je vous ai dit d’arrêter.

– Toujours est-il que ma mère s’impatiente. Elle voudrait qu’on capture toutes les cartes pour que je puisse…

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase, que Sakura la compléta.

– Pour que tu puisses rentrer ? C’est ce qu’elle attend ?

– Oui, quand j’ai quitté Hong Kong, c’était décidé que je rentrerais une fois toutes les cartes capturées.

– Est-ce qu’elle sait… pour nous ? lui demanda-t-elle en posant sa main sur la sienne.

– Non, je ne lui ai jamais dit.

– Shaolan, je ne veux pas que tu partes. Quand on aura fini, il faut que tu restes ici. Je tiens trop à toi, et pas seulement pour l’aide que tu m’apportes, tu le sais très bien. Je… je t’ai…

Sakura n’eut pas le temps de finir sa phrase, qu’un serveur venait d’arriver près d’eux pour prendre commande.

– Salut les amoureux, qu’est-ce que je vous sers ?

Surprise, Sakura se retourna, elle avait reconnu cette voix.

– Oh Yukito, mais je ne savais pas que tu travaillais ici.

– Eh oui, il faut bien payer les factures, c’est un de mes nombreux baïtos que je fais quand je ne suis pas en cours.

– Avec tous tes petits boulots, je me demande pourquoi tu n’es pas encore riche.

– Malheureusement, ça ne paye pas très bien.

– Comment va Toya ? Il ne nous appelle pas beaucoup en ce moment.

– Le pauvre, il est très occupé par ses études. Et quand il n’étudie pas, il travaille comme moi.

– Ca se passe bien la vie ensemble ?

– Super, on s’aime comme au premier jour.

– Le premier jour ? Vraiment ? Il vous a fallu au moins cinq pour vous apercevoir que vous étiez fait pour être ensemble.

– C’est pas faux. En tout cas, tout va bien pour nous. D’ailleurs ce soir il m’invite au restaurant pour fêter nos trois ans.

– Ah super, bon anniversaire alors.

– Et vous alors, comment ça va ? Ca fait combien de temps déjà ?

– Ca va bientôt faire un an, répondit Shaolan qui avait été silencieux depuis l’arrivée de Yukito.

– Génial, vous avez prévu quelque chose de particulier ?

– C’est vrai ça, tu as prévu quelque chose de particulier Shaolan ?

– Mais euh… c’est-à-dire que… oui bien sûr, euh… c’est une surprise, bredouilla-t-il, le visage écarlate.

– Ahah, il te reste quelques jours pour trouver quelque chose à faire, répondit Yukito, qui avait compris que Shaolan n’avait rien prévu. Elle le mérite, c’est une fille super. Je ne sais pas si tu es au courant, mais Sakura était amoureuse de moi quand elle était petite.

– Ah bon, je ne me souviens pas, répondit-elle.

– Moi je m’en souviens très bien. Quand je partais à l’école avec ton frère, tu nous suivais avec tes rollers. Déjà à cette époque tu étais très mignonne. Plusieurs fois, j’ai cru que tu allais m’avouer que tu m’aimais, mais au fond de toi, je suis persuadé que tu savais que ce n’était pas de l’amour que tu ressentais pour moi. C’est juste que tu n’avais pas encore trouvé celui qui compte pour toi Sakura. Celui pour qui tu es la première dans son cœur.

Tout en finissant sa phrase, il avait tourné sa tête vers Shaolan qui n’avait cessé de fixer Sakura. Son regard en disait long sur ses sentiments.

– Shaolan, si tu la fais pleurer, je m’occuperai personnellement de toi.

Sakura resserra sa main qui tenait toujours la sienne.

– Bon alors, vous prenez quoi ? Si je ne reviens pas rapidement avec une commande, mon boss va me virer. Pas d’alcool évidemment, je vous ai à l’œil.

– Je vais prendre un milkshake chocolat pour moi, répondit Shaolan.

– C’est noté ! Et pour toi, Sakura ?

– Je vais prendre un bubble tea sakura, un brownie avec plein de chantilly, des mochis et un Tayaki.

– Et c’est tout ? demanda Yukito en rigolant.

– Oui, c’est tout, je pense que ça va caler ma faim.

– Je ne connais qu’une personne qui a plus d’appétit que Sakura, c’est moi-même, répondit-il toujours en riant. Je vous ramène ça dès que c’est prêt, à tout de suite.

Yukito rentra dans le café pour aller déposer la commande, laissant Sakura et Shaolan reprendre leur conversation.

Fixant Sakura dans les yeux, il reprit justement la discussion à l’endroit exact où ils s’étaient arrêtés.

– Moi aussi je t’aime, Sakura.

Toujours main dans la main, leur visage s’approchèrent l’un de l’autre et ils échangèrent un baiser.

L’heure du jugement

– Sakura, attention !

Dans les airs, assise à califourchon sur son sceptre magique, Sakura venait d’éviter une bourrasque de vent qui fonçait vers elle à toute vitesse.

Shaolan, resté à terre, venait de la prévenir du danger imminent qui arrivait. Il ne participait pas à cet ultime combat, mais il continuait à aider celle qu’il aimait comme il le pouvait.

A côté de lui, Kéro qui avait adopté sa forme originelle, observait Sakura en silence. Il ne pouvait pas l’aider, il n’en avait pas le droit. Son ennemi du jour n’était pas une carte de Clow, mais Yué, le juge qui devait dire si Sakura était apte ou non à devenir la nouvelle maitresse des cartes.

– Depuis le début de notre duel, tu te contentes d’éviter mes attaques, tu ne fais rien d’autre. Ce n’est pas comme ça que je te reconnaitrai comme étant la nouvelle maitresse des cartes.

– Yukito, je ne peux pas me battre contre toi.

– Je te l’ai déjà dit, je ne suis pas Yukito. Je suis Yué, le juge. Celui que tu appelles Yukito n’était qu’une forme d’emprunt pour moi. Combats de toutes tes forces, ou échoue dans ta mission, il n’y a pas d’autres alternatives.

Des bulles d’eau flottaient à proximité de Yué, qui se transformèrent en flèches, avant de partir une à une en direction de Sakura pour l’attaquer.

Sakura continuait d’esquiver avec beaucoup de dextérité, mais elle fut malheureusement touchée à l’épaule par la dernière attaque.

– Je dois dire que ta technique de vol est assez impressionnante. Tu as presque évité toutes mes attaques. Mais es-tu assez rapide pour venir en aide à tes ennemis ?

Au sol, des ombres commençaient à se former tout autour de Shaolan et Kéro. Ces ombres immatérielles prirent la forme d’une sphère prête à les englober tous les deux. Sakura n’allait pas être assez rapide pour venir jusqu’à eux.

– SHIELD, cria-t-elle.

La carte du bouclier créa un dôme protecteur recouvrant Kéro et Shaolan. Les ombres continuaient d’attaquer le bouclier, mais ses amis étaient saufs.

– Encore une fois, tu te défends. Tu ne gagneras pas comme ça. Sais-tu au moins utiliser des cartes offensives ? En tout cas, je connais maintenant ton point faible, je sais comment te pousser dans tes retranchements.

Yué leva sa main droite vers le ciel, plusieurs lianes sortirent de sa paume. Sakura ressentait leur pouvoir destructeur rien qu’en les regardant.

– Attaquez les personnes qui comptent le plus pour Sakura.

– Non, pas ça ! cria-t-elle.

Une des lianes était destinée à Shaolan, qui était heureusement toujours sous la protection de Shield. Les autres se dispersèrent dans des directions opposées. Son père, son frère, Tomoyo, ses amies, il y avait beaucoup trop de personnes à qui elle tenait, elle n’allait pas pouvoir toutes les sauver. Elle ne serait pas assez rapide.

– FIREY !

Sakura invoqua une boule de feu, qui atteignit Yué au niveau de sa main droite. Les lianes commencèrent à se consumer. N’ayant plus de racines, elles stoppèrent leur course et tombèrent au sol.

– Désolé Yukito, dit Sakura en sanglotant.

– Une nouvelle fois, je te l’ai déjà dit, je ne suis pas Yukito.

La main droite blessée, il le leva la gauche, paume tournée vers Sakura.

– Fly, qui reconnais-tu comme étant ton vrai maitre ?

Les ailes qui ornaient le sceptre de Sakura disparurent et reprirent la forme de la carte du vol, qui se dirigea vers Yué. Ne pouvant plus voler, Sakura chutait inexorablement vers le sol. Les larmes qui coulaient de ses yeux restaient en suspension quelques secondes avant de se disperser.

A l’intérieur du bouclier formé par Shield, Shaolan invoquait des sorts de foudre et frappait avec son épée pour essayer de briser la protection, mais en vain.

– Tu veux sortir, c’est ça ? demanda Yué. Shield, qui est ton vrai maitre ?

Le bouclier qui protégeait Shaloan et Kéro se dispersa. Dans un dernier effort, Sakura invoqua Light qui dispersa les ombres, prêtes à engloutir ses amis. Juste avant qu’elle ne retombe sur le sol, Kéro la rattrapa, suivi de peu par Shaolan.

Yué les observait depuis les airs, et prit la parole.

– Le jugement est terminé, il est l’heure pour moi de rendre mon verdict. Kérobéro, mon ami, une fois de plus ta candidate a échoué à maitriser les pouvoirs de Clow. Je vais donc appliquer la sentence.

Les cartes qui étaient encore en possession de Sakura s’envolèrent en direction de Yué.

– Sakura, tu n’es pas digne de devenir notre maitresse ni la maitresse des cartes. L’oubli est ton fardeau.

Les ténèbres commencèrent à envahir Tomoeda. Dans les bras de Shaolan, Sakura pleurait, l’image de tous ses proches s’effaçait peu à peu de sa mémoire.

Le réveil

Dans une chambre d’hôpital, un homme en blouse blanche se tenait debout face à une jeune femme assise sur une chaise.

– Mademoiselle Daidouji, venir ici tous les jours ne changera rien à l’état de votre amie.

– Je sais bien docteur, mais je ne peux pas me résoudre à la laisser ici toute seule. Je sais qu’elle a besoin de moi, et j’ai besoin d’elle.

– Cela va faire trois mois que mademoiselle Kinomoto est dans cet état. Ses examens sont bons, elle respire sans assistance, son cerveau fonctionne, mais elle ne se réveille pas. Nous avons déjà essayé plein de choses, mais nous n’avons maintenant d’autre choix que d’attendre.

– J’attendrai avec elle le temps qu’il faudra.

Le médecin se dirigea vers la sortie, puis s’adressa à Tomoyo avant de sortir.

– Elle a de la chance d’avoir une amie comme vous.

– Non, c’est moi qui ai de la chance de l’avoir.

– Au revoir mademoiselle Daidouji.

Le médecin sortit de la pièce et referma la porte. Tomoyo se leva de sa chaise pour se rapprocher du lit dans lequel Sakura était endormie et lui serra la main. Malgré la tristesse, elle ne pleurait pas, elle essayait de rester forte car elle savait que son amie finirait par se réveiller et que tout rentrerait dans l’ordre. Elle allait bientôt avoir 26 ans, une nouvelle année scolaire était sur le point de commencer, ça ne pouvait pas se passer comme ça. Son flot de pensées fut interrompu par quelqu’un qui frappa à la porte.

– Oui, entrez. Vous avez oublié quelque chose ? dit-elle, pensant que c’était le médecin qui revenait.

Ce n’était pas un docteur, mais un jeune homme qu’elle ne connaissait pas qui venait d’entrer dans la chambre.

– Bonjour, vous cherchez quelqu’un ?

– Bonjour, c’est bien la chambre de Sakura Kinomoto ?

– Oui, c’est bien ici, répondit-elle en baissant les yeux vers son amie. Vous êtes un ami ?

– Non, pas du tout, nous ne nous connaissons pas. Je m’appelle Shaolan Li, ma mère m’a envoyé ici pour aider mademoiselle Kinomoto.

– Alors c’est donc vous le prince charmant qui vient réveiller notre belle aux bois dormant ? demanda-t-elle en rigolant.

Le garçon qui avait visiblement peu d’humour, ou qui n’avait pas compris la référence, répondit de manière très terre à terre.

– Non, je ne peux malheureusement pas faire grand-chose pour ça. A vrai dire, je venais pour… une autre raison.

– Les cartes de Clow ? demanda Tomoyo pleine d’espoir. Je crois que c’est une carte de Clow qui l’a mise dans cet état. Vous pouvez l’aider ?

– Euh… mais comment connaissez-vous l’existence des cartes ? lui répondit Shaolan avec étonnement.

– Je suis sa meilleure amie, elle me confie tout. Donc, vous pensez pouvoir l’aider ?

– Malheureusement, c’est hors de mes compétences. J’ai été envoyé ici pour capturer les cartes à sa place, en attendant qu’elle se réveille. Mais peut-être pouvez-vous me dire ce qu’il s’est passé ?

Tomoyo lui raconta les évènements survenus il y a quelques mois, se concluant sur Sakura épuisée après la capture d’Erase qui tomba dans un profond sommeil.

Alors qu’ils étaient en train de discuter, Tomoyo fut interpellée par un vague chuchotement. Elle regarda son amie qui venait d’ouvrir les yeux.

– Sakura ! Tu es réveillée. Appelez un médecin, dit-elle à l’attention de Shaolan.

Le garçon sortit de la pièce à la recherche d’un membre du personnel soignant.

– Oh, Sakura, tu ne peux pas savoir comme je suis heureuse de te revoir parmi nous.

Les larmes qu’elle avait retenues jusqu’à maintenant coulaient désormais à flots. Mais c’étaient des larmes de joie.

– To… Tomoyo. Que s’est-il passé ? articula-t-elle tant bien que mal.

– Du calme Sakura, je vais tout te raconter, on est allé chercher un médecin, ne fais pas d’effort pour le moment.

Shaolan rentra dans la chambre, suivi par le médecin qui partit en direction du lit pour examiner Sakura. Ca ne faisait aucun doute, elle était bien de retour, et ses signes vitaux étaient bons.

Shaolan s’approcha à son tour du lit, posant ses mains sur la rambarde en métal.

Sakura tourna la tête vers lui et prit sa main. Comme Tomoyo avant elle, elle pleurait. Des larmes qu’elle ne pouvait contenir coulaient sur ses joues.

– Shaolan, c’est bien toi, tu es revenu.


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