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Chapitre 11 : La nouvelle maison de Sakura

Une grande décision

Depuis son retour à Tomoeda, Sakura avait toujours ressenti le besoin d’avoir sa propre maison. Certes, elle était très bien chez son père, il s’occupait d’elle et d’Azusa, mais après sept ans passés à l’étranger, elle s’était habituée à son indépendance. Elle ne savait pas trop comment lui avouer sans lui faire de la peine. Mais c’était sans compter sur Firey, la carte du feu, qui lui avait donné un petit coup de pouce en brulant leur maison. A partir de ce moment, tout s’était accéléré. Ce qui n’était qu’un projet de déménagement était tout de suite devenu bien plus concret. En attendant de retrouver un logement, Fujitaka habitait chez Toya. Et pour le plus grand plaisir de Tomoyo, Sakura et sa fille étaient allées vivre chez elle. Azusa était ravie de pouvoir profiter de ses « deux mamans ».

La vie chez Tomoyo était plutôt tranquille. Elle avait toute une armée de garde du corps et d’assistantes de la Daidouji Corporation qui étaient là pour s’occuper des tâches quotidiennes, même si elle ne faisait pas partie de l’entreprise familiale. Sakura n’avait d’ailleurs toujours pas compris, pourquoi son amie avait décidé choisir la voie de l’enseignement plutôt que travailler avec sa mère. D’autant plus qu’elle était très calée en nouvelles technologies, et toujours à la pointe sur les objets connectés, ce qui était désormais le domaine de la compagnie. « Tu ne changes pas ma petite Sakura, tu ne vois toujours pas les évidences » lui avait Tomoyo quand son amie lui avait posé la question. Azusa, bien plus perspicace que sa mère, lui avait dit que c’était pour travailler au lycée toutes les deux. Effectivement, même si Tomoyo appréciait son poste de professeure de musique, elle avait décidé d’être enseignante pour pouvoir côtoyer Sakura tous les jours.

La cohabitation se passait évidemment très bien, toutes les trois étaient très contentes de pouvoir vivre ensemble. Mais toujours pour une question d’indépendance, Sakura n’avait pas l’intention de rester indéfiniment chez son amie. Une fois remise de ses émotions provoquées par la perte de son ancienne maison, elle s’était attelée à trouver un nouveau logement. Et c’était arrivé bien plus vite que prévu. Moins de deux mois plus tard, elle était prête à emménager dans sa nouvelle maison. Au tout début, elle pensait louer un appartement, mais elle a finalement changé d’avis quand Sonomi lui a appris que son arrière-grand-père lui avait légué une partie de son héritage. Elle avait donc revu ses plans, et décidé d’acheter une maison, couverte en partie par cette rentrée d’argent impromptue. Evidemment, elle restait à Tomoeda, là où étaient sa famille et sa meilleure amie.

Les préparatifs

Aujourd’hui était le jour J, Sakura et Azusa venaient de passer leur dernière nuit chez Tomoyo, et allaient emménager dans leur nouvelle maison. Habituellement, avant d’emménager, il faut déménager. Faire des cartons, protéger la vaisselle, louer un camion, le remplir, transférer tous ses biens de l’ancienne vers la nouvelle maison. Mais dans le cas de Sakura, la tâche était facilitée. Son ancienne maison ayant brulé, il n’y avait tout simplement rien à déménager. Sakura, très positive, avait dit que c’était « un souci de moins à se préoccuper ». Elle essayait de relativiser et trouver des bons côtés à ça, mais il est vrai qu’il y en avait très peu.

Néanmoins, ça ne voulait pas dire qu’il n’y avait rien à faire, loin de là. Elle avait passé ses dernières semaines à chercher du mobilier, acheter de l’électroménager, et surtout, rafraichir la maison. Tous les jours, en sortant du lycée, elle passait quelques heures chez elles à faire de la peinture, redonner une nouvelle jeunesse au parquet, et remettre à neuf la salle de bain.

Avec Toya, ils avaient cassé la cloison entre la cuisine et la salle à manger afin d’en faire une grande pièce. Ensuite, un cuisiniste était venu pour réaménager la pièce. Là où la cloison se trouvait avant, il y avait maintenant un meuble de rangement qui faisait aussi office de plan de travail, où elle pourrait faire la cuisine. Le meuble séparait ainsi le coin cuisine du reste de la salle à manger. Et en face de la salle à manger, un coin salon.

Le rez-de-chaussée était complété d’une autre pièce qui resterait vide pour le moment. Elle ne savait pas encore ce qu’elle en ferait, mais au moins elle avait de la place disponible pour laisser libre cours à son imagination.

A l’étage, la salle de bain, deux chambres, et une pièce multi-usage qui servirait de rangement et de chambre d’invité.

Pour le moment, hormis la cuisine et la salle de bain, tout était très vide. Quelques meubles en kit avaient déjà été livrés, mais il restait à les monter. Elle en avait aussi acheté d’autres chez Ikea et Nitori[1], qu’il faudrait aller chercher aujourd’hui même. C’est pourquoi elle avait demandé à sa famille et ses amis de venir l’aider.

Sakura et Azusa étaient toutes les trois dans la voiture de Tomoyo qui les conduisait jusqu’à leur nouvelle maison.

– Hé Sakura, regarde on dirait que quelqu’un est déjà arrivé, dit Tomoyo alors qu’elles n’étaient plus qu’à une centaine de mètres de leur destination.

– Ah oui, je ne sais pas de qui il s’agit. Ce n’est pas Toya, il a les clés, il serait rentré.

La voiture approchant, elles distinguèrent un petit groupe de jeunes juste devant la maison. Parmi eux, un garçon plus grand que les autres, imposant, au physique très athlétique. C’était Gôsuke, l’ainé du club d’athlétisme, qui avait remporté le semi-marathon cette année. Il était accompagné de Yukiko et Nanami.

Tomoyo gara la voiture près d’eux et elles descendirent.

– Bonjour professeure Kinomoto, dit Nanami la première, suivie de peu par les deux autres.

– Bonjour tous les trois, merci beaucoup d’être venus.

– De rien professeure, c’est normal qu’on vienne vous aider, c’est vous qui nous avez conduits à la victoire, répondit Yukiko.

– Ne soyez pas modestes, vous êtes tous très bons, je n’ai fait que vous encourager à donner le meilleur de vous-même. Et je vous ai déjà dit que vous pouviez m’appeler Sakura quand on est en dehors de l’école.

– D’accord… Sakura. Mais c’est difficile de prendre cette habitude.

– Bonjour tout le monde, dit à son tour Tomoyo.

– Bonjour mademoiselle.

– Ah, pas de « professeure » pour moi ?

Les trois lycéens se regardèrent, ne comprenant pas ce que Tomoyo disait.

– Vous êtes enseignante au lycée de Tomoeda ?

– Et bien oui, je suis la prof de… ce n’est pas grave, laissez tomber, j’ai l’habitude…

– Tomoyo Daidouji est ma meilleure amie, et est professeure de musique au lycée, précisa Sakura.

– Ah, désolée professeure, on n’a jamais dû se croiser. Vous savez, on est plutôt sport, pas vraiment musique.

– Ne vous en faites pas, même certains élèves qui ont pourtant cours avec moi ne me reconnaissent pas.

– Bonjour ! dit Azusa pleine d’entrain.

– Bonjour Azusa, tu te souviens de nous ? lui demanda Nanami.

– Oui, au concours d’alé, d’até, d’atélisme.

– Oui, à la compétition d’athlétisme. Pas évident à dire ce mot. Tu te souviens de mon prénom ?

Sans répondre, Azusa fit un signe non de la tête.

– Ce n’est pas grave. Moi, c’est Nanami, et mes amis Gôsuke et Yukiko. Ne t’inquiète pas, il est grand et costaud, il fait un peu peur, mais il est très gentil.

– Tu nous fais visiter ta nouvelle maison ? lui demanda Gôsuke en lui tendant la main.

Le tour du propriétaire

Azusa lui prit la main, et suivit Sakura qui s’apprêtait à franchir la porte de la maison.

– Vous êtes prêt ? Voici notre nouvelle maison ! dit-elle en ouvrant la porte.

– C’est un peu vide Sakura, lui fit remarquer Tomoyo.

– Effectivement, c’est pour ça que je vous ai fait venir ! J’espère que vous n’avez pas oublié ?

– Non pro… Sakura, on est venus vous prêter mainforte pour monter et installer les meubles.

– Par contre, aucun de nous n’a le permis, on ne va pas pouvoir aller les chercher. Même si Gôsuke et moi sommes en dernière année, nous n’avons pas encore 18 ans.

– Oui, je sais, pas d’inquiétude, nos amis qui viennent de Tokyo vont passer chercher les meubles que j’ai commandés, et mon frère va aller en chercher d’autres plus près de Tomoeda. J’ai juste besoin de vous pour m’aider à les monter et tout installer. Et je vous avais promis de vous inviter dans ma nouvelle maison !

Pendant qu’ils discutaient, ils n’avaient pas vu que Nobuki et Satsuki venaient d’arriver et franchissaient le palier.

– Parce que vous appelez ça une invitation vous ? lui demanda-t-il. Nous obliger à vous aider ? Moi j’appelle ça de l’esclavagisme.

– Mais tais-toi donc, idiot, lui répondit Satsuki en le frappant. Elle nous a demandé, et on a accepté, personne ne t’a obligé à venir.

– Moi aussi je suis ravi de te voir Nobuki. Bonjour Satsuki, merci d’être venue m’aider.

– Tu as vu Sakura, chuchota Tomoyo à son oreille, on dirait Chiharu et Yamazaki. Elle exprime son amour à travers la violence.

– Mais non, lui répondit-elle tout bas, ils ne sont pas ensemble.

– Tu es vraiment aveugle, ma pauvre Sakura.

Peu après, c’était au tour de Masao et Hikari d’arriver. Même s’ils avaient un an d’écart, ils étaient devenus de très bons amis. Le fait qu’ils soient tous les deux nouveaux au lycée les avait probablement rapprochés. Et l’un comme l’autre, ils avaient eu d’excellents résultats en athlétisme, il n’était pas rare de les voir s’entrainer ensemble après les cours, et même passer du temps ensemble en dehors des entrainements.

– Eux aussi ils sont ensemble ? demanda Tomoyo à son amie.

– Mais non, et cette fois j’en suis sûre. C’est Hikari, je t’en ai déjà parlé, Masao n’est pas vraiment son type.

En attendant les autres, Sakura le fit le tour du propriétaire. Mais comme elle pouvait s’y attendre, Ryûsuke n’avait pas pointé le bout de son nez. « Quel tir au flanc, mais ça ne m’étonne pas de lui », pensa-t-elle. Elle reçut ensuite un appel de Naoko pour la prévenir qu’ils auraient un peu de retard. Il y avait beaucoup de monde pour retirer les colis au magasin, et leur tour n’était pas encore passé. Ils commencèrent donc à monter les premiers meubles qui étaient déjà sur place. Peu de temps après, c’est Toya qui arriva, en compagnie de Kaho et Fujitaka. Dans la camionnette, plusieurs pièces d’électroménager les attendaient : réfrigérateur, four et surtout machine à laver.

– Des hommes forts pour aider mon frère à sortir tout ça du camion ?

– Sans moi, répondit Nobuki du tac au tac. Demandez plutôt à Satsuki, elle est bien plus forte que moi.

– Fais pas ton dégonflé, lui répondit-elle en le frappant. Va les aider.

– Professeure, regardez, elle me tape, faites quelque chose.

– En dehors de l’école, je ne suis plus ta professeure, réglez vos problèmes entre vous. Si tu veux lui échapper, va aider mon frère. Evite simplement de prendre la machine à laver, tu vas te casser en deux.

– Qu’est-ce que vous voulez dire ? Vous insinuez que je n’en suis pas capable ?

– Je ne crois que ce que je vois. Prouve-le-moi.

– Je vais vous montrer de quoi je suis capable, dit-il en se dirigeant vers le camion.

– Trop facile, dit Sakura en rigolant, à l’attention de Satsuki.

– Professeure, vous êtes… démoniaque.

– Ma petite Sakura, tu n’es plus la petite fille innocente que j’ai connue à l’école primaire, tu sais y faire avec les garçons, tu sais comment les manipuler.

– Tu te souviens des garçons qui nous draguaient sur le bateau ? Quand j’ai failli en frapper un ? Et bien, je n’étais qu’à 25 % de mes capacités.

– Terrifiant.

Un peu plus tard, c’étaient Naoko, Rika, Chiharu et Yamazaki qui finirent par arriver, au volant d’une autre camionnette remplie de meubles et d’éléments de décoration.

Une visite imprévue

Sakura était très organisée. Elle avait créé des petits groupes, qui avaient la responsabilité de s’occuper d’une ou deux pièces chacun. Elle supervisait et s’occupait en même temps du salon. Azusa supervisait elle aussi, au moins pour sa chambre en tout cas. Elle avait beaucoup apprécié vivre chez son grand-père, mais elle fut aussi très satisfaite du résultat de sa nouvelle chambre dans sa nouvelle maison.

Alors que Sakura était occupée à l’étage, elle entendit son frère l’appeler depuis le rez-de-chaussée.

– Sakura, peux-tu descendre s’il te plait ? Il y a quelqu’un pour toi.

Elle descendit les marches et se dirigea vers l’entrée. « Peut-être Ryûsuke ? », se dit-elle. Sans surprise, ce n’était pas lui. A la place, un homme qui devait avoir à peu près le même âge que son père et qu’elle ne connaissait pas.

– Bonjour Mademoiselle Kinomoto. Ravi de voir que vous avez à nouveau un toit.

– Bonjour… Monsieur…

– Vous ne devez plus vous souvenir de moi. J’imagine que sous le choc du moment, vous n’avez pas mémorisé mon visage. Je suis le…

– Ah oui, le pompier qui était là pour éteindre le feu de notre ancienne maison.

– Oui, c’est ça, je suis le capitaine Watanabe. Encore désolé pour ça. Le feu était devenu incontrôlable. Sans cette pluie, il aurait même pu s’étendre au voisinage.

Evidemment, pour lui ce n’était qu’une pluie, mais pour Sakura, c’était bel et bien sa victoire contre Firey qui avait mis un terme au feu dans la maison.

– Je sais que vous avez fait de votre mieux. Qu’est-ce qui nous vaut le plaisir de vous voir ?

– Et bien en fait, quand nos experts ont fouillé dans les décombres de la maison pour trouver l’origine du feu, ils ont fait certaines découvertes.

Sakura, affolée, pensait déjà au pire, « Ils n’ont quand même pas pu trouver que ce feu avait pour origine une carte de Clow », pensa-t-elle.

– Qu’ont-ils découvert ? Ils savent ce qui a déclenché le feu ?

– Ca non, malheureusement ils n’ont rien trouvé. Ils savent que le feu a pris source dans la bibliothèque, à la cave, mais ils n’ont toujours pas trouvé pour quelle raison. Il s’est déclenché comme par magie.

En panique, le cerveau de Sakura s’activait, cherchant une issue à cette situation. Ce n’est pas possible, il ne pouvait pas avoir deviné.

– Mais… la magie, ça n’existe pas.

Le pompier était perplexe.

– Euh… oui, je sais, c’était juste une expression.

Evidemment, ce n’était qu’une expression, elle s’était fait du mouron pour rien. Personne de normal n’aurait pu soupçonner une telle chose.

– Bref, ils ont trouvé ça, dit-il en lui tendant une boite.

– Mais, c’est à moi, ce sont des souvenirs de ma mère et mon arrière-grand-père, c’était dans ma chambre.

– On s’est permis d’ouvrir la boite pour y mettre d’autres choses qu’on a trouvées dans les ruines de la maison.

Sakura ouvrit la boite, et se mit à pleurer de joie en regardant ce qu’elle contenait.

– Tout va bien, Mademoiselle ?

– Oui, tout va définitivement bien. Ce sont des photos de ma mère, on en avait mis un peu partout dans la maison pour qu’elle soit avec nous à tout moment.

– Et bien, il faut croire que l’amour que vous portez à votre mère est tellement fort qu’il l’a protégé des flammes. Tous ces souvenirs semblent précieux pour vous, ils sont intacts, c’est ce qui compte.

– Merci beaucoup de les avoir ramenés.

– C’est normal, c’est un peu le service après-vente des pompiers de Tomoeda. Je vous souhaite une bonne journée, et faites attention.

Sakura referma la porte, et avant d’apporter le carton dans sa chambre, elle passa par la cuisine pour poser les cadres photos sur le plan de travail. Elle fut rejointe par Toya et Fujitaka qui l’entourèrent en la prenant par l’épaule.

– Votre mère m’avait fait promettre de ne pas pleurer. Mais vous savez les enfants, les promesses, parfois il n’est pas possible de les tenir.

Une larme coulait sur sa joue. Malgré toutes ces années, Nadeshiko était toujours dans son cœur.

Toya vole la vedette à Sakura !

Après une pause déjeuner bien méritée, toute la troupe reprit le travail et fournit un dernier effort pour terminer de tout installer. Avant même qu’elle ne le réalise, tout était fini bien plus vite que Sakura n’aurait pu l’espérer. Ses amis avaient été très efficaces. C’est vers 17h, juste un peu avant qu’ils ne terminent, que Ryûsuke arriva comme si de rien n’était.

– Oh mince, c’est déjà terminé ?

– Bon à rien ! lui cria Nanami. On a quasiment terminé.

– Tiens, aide-nous à faire le ménage, lui dit Gôsuke en lui tendant un balai.

– Ca va, c’est à ma portée.

Quand tout fut terminé et que tout était enfin rangé, la soirée de crémaillère put commencer. Comme pour le midi, ce furent les gardes du corps de Tomoyo qui apportèrent de quoi manger pour tout le monde. La salle à manger n’était pas assez grande pour les invités, ou plutôt pour les esclaves comme l’avait souligné Nobuki à plusieurs reprises. Ils étaient donc répartis et bougeaient entre le salon, la cuisine et la salle à manger, qui formait en fait une grande pièce. Azusa était très excitée de voir autant de monde, et venait les déranger tour à tour pour qu’ils jouent avec elle.

Elle était fan des histoires de Yamazaki et, comme sa mère, elle gobait tout ce qu’il pouvait lui raconter. Dans un autre registre, elle aimait aussi écouter les histoires de Naoko. Et cette fois, contrairement à Sakura, elle ne semblait pas en avoir peur.

En milieu de soirée, alors que tout le monde discutait ou dansait, Toya coupa la musique.

– J’aimerais avoir votre attention pour quelques minutes s’il vous plait.

– La musique ! cria une voix féminine.

– Après, je n’en ai pas pour longtemps. Tout d’abord, merci d’être tous venus aujourd’hui pour aider Sakura. Elle va pouvoir commencer une nouvelle vie dans sa maison, tout en restant proche de sa famille. Au cours de 7 dernières années, elle nous a beaucoup manqué, on est donc ravi de l’avoir à nouveau parmi nous. Elle a eu une magnifique petite fille, il lui reste encore à trouver l’homme de sa vie. Si elle le souhaite évidemment. Pour ma part, pas d’enfant en vue à l’horizon, pas pour le moment en tout cas. Mais ça fait plusieurs années déjà que je sais que j’ai trouvé la femme de ma vie. Et c’est pour ça que ce soir, avec Kaho, nous voulions vous annoncer que nous allons bientôt nous marier.

– Toya, mon grand frère, je suis trop content pour vous, dit Sakura en lui sautant au cou.

– Félicitations, dirent plusieurs personnes en même temps.

– Je ne voulais pas voler la vedette de Sakura, mais ça me semblait être le bon moment pour l’annoncer.

– Vous vous mariez quand alors ? demanda Tomoyo.

– C’est prévu l’été prochain, répondit Kaho. On doit encore choisir le jour, en fonction des disponibilités pour la cérémonie, mais ça sera en aout.

– On vous donnera la date précise prochainement, continua Toya.

Un peu plus loin, Fujitaka souriait, ravi de voir ses enfants grandir et franchir de nouvelles étapes dans leur vie.

– Tu étais au courant papa ?

– Oui, il me l’a dit ce matin. Il voulait me mettre au courant avant d’en parler à tout le monde.

– Je pense que c’est de famille.

– Qu’est-ce qui est de famille ?

– Et bien, maman était ton élève, puis vous vous êtes mariés. Maintenant Toya, avec Kaho qui était sa professeure.

– Ahah, tu dois avoir raison. Et toi alors Sakura, tu me caches des choses ? Un de tes élèves du club d’athlétisme ?

– Ah non, pas du tout. Tu sais, je suis bien toute seule. Enfin, nous sommes bien toutes les deux, avec Azusa.

A l’autre bout de la pièce, Masao et Hikari avaient le même genre de discussion.

– Tu savais toi Hikari que la future femme de Toya était sa professeure quand il était au collège ?

– Non, je ne savais pas. Mais Sakura m’avait déjà dit que son père était le professeur de sa mère. C’est comme ça qu’ils se sont rencontrés.

– Et tu savais que la fille là-bas est avec Monsieur Terada ? dit-il en lui montrant Rika.

– Le même Monsieur Terada du lycée ?

– Oui, c’est bien lui, enfin c’est ce que j’ai cru comprendre.

– Mais c’est fou, elle a le même âge que Sakura. Elle devait être toute jeune quand ils se sont rencontrés.

– Je ne sais pas, et je ne veux pas le savoir, c’est vrai que c’est un peu bizarre.

– Seulement bizarre ? Je dirais que c’est même carrément illégal…

– En tout cas, c’est assez commun par ici. Ca te laisse une chance.

– De quoi tu parles ?

– Ne fais pas ton innocente. Je sais que tu craques pour Sakura.

– Mais non, c’est faux, répondit Hikari en rougissant.

– Oui bien sûr. Dommage pour toi, ta réaction t’a trahie.

– Allez, stop, on n’en parle plus.

Après l’annonce de Toya, la soirée reprit son cours, certaines personnes se remirent à danser au rythme de la musique qui venait d’être rallumée, pendant que d’autres continuaient à discuter.

Le passé de Tomoyo

Assise sur le canapé, Tomoyo était en train de revoir les vidéos qu’elle avait faites au cours de la journée, quand elle fut interrompue par quelqu’un.

– Professeure Daidouji, je peux vous parler ?

– Oui bien sûr. Tu es Hikari, c’est ça ? L’espoir de Tomoeda !

– Heu… Répondit Hikari un peu gênée. Je ne sais pas si je suis réellement un espoir, mais oui c’est moi.

– Alors, dis-moi tout, de quoi voulais-tu me parler ?

– Je ne sais pas si Sakura vous l’a dit, mais j’ai beaucoup parlé avec elle ces derniers mois. J’ai pu me confier, elle m’a aidé à reprendre confiance en moi, c’est un peu grâce à tout çà que j’ai pu avoir ces résultats lors de la compétition. Au-delà de l’aspect sportif, je veux dire.

– Elle n’est pas rentrée dans les détails, mais elle m’en a parlé. Toi aussi tu as eu une enfance difficile, c’est bien ça ?

– Oui, on peut dire ça. Avec ma mère, plus particulièrement. Sakura m’a expliqué que vous êtes amoureuse d’elle depuis l’école primaire.

– C’est vrai. Elle a mis longtemps à le réaliser, et c’était probablement la dernière à être au courant, comme souvent.

– Moi aussi je… j’aime les filles. Et ça, ma mère ne l’a jamais accepté. Comment ça s’est passé pour vous ?

– Tu fais erreur, Hikari. Je n’aime pas les filles. J’aime Sakura, uniquement elle, c’est différent.

– Alors vous êtes bisexuelle ?

– Ce n’est pas tout à fait comme ça que je me définis. Quand Sakura est partie en Europe pour ses études, j’ai eu quelques petits amis. Ca n’a jamais duré très longtemps. Mais c’étaient des garçons, jamais des filles, je ne me suis jamais vraiment sentie attirée par des filles. En fait, je n’ai jamais vraiment été attiré par les garçons non plus. C’est juste qu’à l’université, loin de Sakura, j’ai eu envie de m’amuser un peu, prendre du bon temps, faire ce que tous les étudiants font. Un peu pour rentrer dans le moule. Mais au final, je n’aime pas une personne pour son sexe, j’aime Sakura, c’est tout. Je l’aime pour ce qu’elle est, pour ce qu’elle représente à mes yeux, et pour toutes ces choses qu’on ressent mais qu’on est incapable d’expliquer.

– Je n’ai jamais ressenti ça, je ne pense pas qu’on soit pareil, mais je comprends ce que vous voulez dire.

– Et donc ma sexualité t’intéresse tant que ça ? Tu voulais me draguer, c’est ça ?

– Non, pas du tout, ça n’était pas mon intention. C’était surtout pour savoir comment vos parents avaient pris la chose.

– Que je sois amoureuse de Sakura ? Et bien, ma mère était elle-même amoureuse de la mère de Sakura, donc ça ne lui a rien fait, au contraire, elle m’a très bien comprise. On peut dire que c’est une sorte de tradition familiale, rigola Tomoyo.

– Et votre père ?

– Ah, mon père. C’est compliqué.

– Il l’a mal pris ?

– Ce n’est pas une question de bien ou mal prendre les choses. Les gens sont ce qu’ils sont, il faut les accepter comme ça. De la même manière que ma mère a fini par accepter que Nadeshiko est tombée amoureuse de Fujitaka. On ne peut pas contrôler ou changer les sentiments des gens. On ne peut d’ailleurs pas non plus contrôler les nôtres. Mais en l’occurrence, mon père ne l’a pas mal pris, il ne l’a pas pris du tout. Je ne l’ai jamais connu.

Hikari ne répondait pas, elle prit un air gêné, d’avoir posé cette question à Tomoyo.

– Pas la peine de faire cette tête, j’ai 26 ans, de l’eau a coulé sous les ponts, j’ai eu tout le temps pour l’accepter.

– La petite Azusa n’a jamais connu son père non plus, la mère de Sakura est morte quand elle avait trois ans, et moi mon père est mort lorsque j’étais au collège. J’ai l’impression que ça nous fait un point commun à toutes les quatre.

– C’est différent, j’ai l’intime conviction qu’un jour Azusa retrouvera son père. Quant à mon père, je sais qu’il est toujours en vie.

– N’est-ce pas pire de savoir qu’il est toujours là, mais pas présent pour vous ?

Tomoyo prit un instant pour réfléchir, mais avant qu’elle ne réponde, Hikari la coupa.

– Je suis désolée, je ne voulais pas être indiscrète, j’imagine que vous n’aimez pas parler de ça. Je n’aurais pas dû vous poser toutes ces questions.

– A vrai dire, habituellement les gens ne me posent pas la question, sûrement par peur de me gêner. Mais je n’ai aucun problème à en parler. J’en ai parlé à Sakura il y a longtemps, quand elle me l’a demandé. Ma mère est la dirigeante d’une grande entreprise, sa propre entreprise. Tu dois savoir à quel point il est difficile au Japon pour une femme d’occuper cette place. Partout dans le monde, en fait, mais surtout au Japon. La société pousse les femmes à avoir une vie bien rangée, se marier, faire des enfants, rester au foyer pour s’occuper de la famille. Ma mère n’a jamais voulu faire de choix, elle voulait faire les choses à sa manière, dans l’ordre qu’elle en avait envie. Mais une jeune femme célibataire qui va à la rencontre d’investisseurs pour monter une entreprise, c’était mission impossible. Elle a donc commencé par se marier, et à deux ils ont monté la Daidouji Company. Son mari était un très bon ami qu’elle avait rencontré à l’université, ils s’appréciaient beaucoup, je pense qu’ils s’apprécient toujours beaucoup. Mais il n’y avait pas de réel amour entre eux. Elle était amoureuse de la mère de Sakura, et lui n’avait pas encore trouvé la bonne personne. Mais ses parents le poussaient à se marier. Ils ont donc trouvé un intérêt commun à ce mariage et ont pu concrétiser leurs projets. Il se trouve que les hommes et les femmes ont certains besoins, auxquels il est difficile de résister, surtout quand on vit ensemble. Et il n’y a pas nécessairement besoin d’amour pour faire un enfant. Donc un jour, je suis arrivée, c’était un peu inattendu, mais ça permettait à ma mère de concrétiser ses aspirations maternelles. Mon père, lui, avait un avis différent. Il ne voulait pas d’enfant basé sur un mensonge, dans un couple où l’amour n’existait pas. Après en avoir discuté tous les deux, ils ont décidé d’un commun accord de se séparer, et qu’elle m’élèverait seule. Il est parti, et au passage il lui a laissé les clés de la compagnie qu’ils avaient créé tous les deux. Voilà la vérité sur mes parents.

– Et bien, je ne suis pas la seule à avoir une enfance difficile.

– Détrompe-toi, même sans père, mon enfance était parfaite. Je suis fière de ma mère, de ce qu’elle a accompli, de l’éducation qu’elle m’a donnée, de l’amour qu’elle m’a apporté. C’est vrai que ce n’était pas facile tous les jours pour conjuguer son travail et la famille, elle n’était pas toujours présente, mais elle a toujours fait le maximum, et je n’ai jamais été malheureuse.

– Ca vous arrive d’avoir de ses nouvelles ?

– En 26 ans, je n’ai eu qu’une lettre de sa part, qu’il m’a envoyée pour le jour du Seijin shiki[2], dans laquelle il m’expliquait tout ce que je viens de te raconter. C’est rassurant de savoir que ma mère et lui m’ont donné la même version de l’histoire. Je ne le considère pas comme mon père, mais je ne lui en tiens pas rigueur non plus. Je pense qu’il a pris la bonne décision.

– Probablement. Ma mère…

– …a son propre avis, la coupa Tomoyo. Elle ne te comprend pas, elle est intolérante, elle ne t’accepte pas telle que tu es. Tu aimes les filles, ce n’est pas quelque chose que tu peux contrôler. Tu ne peux pas contrôler ce que ta mère ressent. Par contre, tu peux choisir de te concentrer sur ce qui te rend heureuse, d’avoir des amis qui t’acceptent telle que tu es, de profiter de ta vie, et d’avoir toujours confiance en toi. Evidemment, c’est plus simple à dire qu’à faire. Mais il n’y a que comme ça que tu seras réellement heureuse.

– Merci, professeure Daidouji.

– Si tu as besoin de parler, n’hésite pas. Je suis là, Sakura aussi, et surtout, tes amis sont là.

Hikari se leva et retourna voir les autres membres du club d’athlétisme. Quand elle était avec eux, elle semblait oublier tous ses problèmes. A l’autre bout de la pièce, Sakura les observait, et porta ensuite son regard sur Tomoyo qui la regardait aussi. Elle bougea ses lèvres, puis lui adressa un « merci » silencieux.

Les interrogations de Kéro

Kéro, en mode ourson jaune, était assis sur le lit dans la nouvelle chambre de Sakura. Il fixait la porte, quelqu’un se trouvait juste derrière et s’apprêtait à entrer. Alors qu’habituellement il se serait caché ou allongé pour se faire passer pour une peluche, il lévita pour se mettre à la hauteur de la personne qui allait franchir la porte.

– J’ai l’impression que tu m’attendais, Kérobéro.

– Ca faisait longtemps que nous ne nous étions pas vu Kaho Mizuki. J’ai beaucoup de choses à te raconter.

– Je vois que tu as enfin décidé de me faire confiance.

– Je n’ai pas le choix, je n’ai personne d’autre à qui parler, peut-être pourras-tu répondre à mes questions.

– Et tu comptes me parler sous cette forme ? Je sais que Sakura a capturé la carte du feu, tu devrais être en mesure de prendre ta vraie apparence.

Les ailes de Kéro grandirent et se refermèrent sur lui. Une quinzaine de secondes plus tard, elles se rouvrirent pour laisser place à Kéro sous sa forme de lion dorée.

– Impressionnant. Je dois avouer que tu as fière allure sous cette forme. Mais trêve de politesse, mon futur mari va se demander où je suis passé. Que voulais-tu voir avec moi ?

– Sakura. Il s’est passé quelque chose lors de la capture de Firey. Quelque chose d’assez inattendu, que je n’aurais jamais pu imaginer. Elle a transformé des cartes.

– Elle a transformé des cartes ? Que veux-tu dire ?

Kéro fit venir les cartes vers lui, et les posa sur le lit une à une en citant leur nom.

– Glow, Wood, Maze, Jump, Firey. Ce sont des cartes de Clow.

– Il en manque. La carte du vol, que je lui ai confié, et celles que nous avons combattues lors de la croisière.

– Fly, Watery, Windy. Ces trois cartes ne sont plus des cartes de Clow.

Les trois cartes se posèrent à leur tour sur le lit. Elles n’avaient plus la même apparence que les autres.

– Mais, elles sont roses, comment est-ce possible ?

– Et ce n’est pas tout, retourne-les.

– Le cercle magique de Clow, il n’est plus là, il y en a un autre à la place.

– Je ne sais pas comment elle s’y est prise, mais Sakura a insufflé sa magie dans ces cartes. Alors qu’elle combattait Firey, la puissance de Watery faiblissait de plus en plus, tout semblait perdu. Et là, son sceptre s’est mis à briller, il a changé de forme, l’extrémité est devenue une étoile. Après, c’est la carte qui s’est mise à briller, et elle s’est changée en…

– …en carte de Sakura ?

– Je ne leur avais jamais donné de noms, mais on peut les appeler ainsi. Elles ne tirent désormais plus leur puissance de Clow, mais de Sakura.

– Comment a-t-elle fait ça ?

– C’est une bonne question. Elle m’a juste dit qu’elle les avait transformés pour leur faire gagner plus de puissance. Elle savait qu’elle devait le faire, mais elle ne sait pas comment elle a fait.

– Penses-tu que ça puisse poser problème ? Tant qu’elle les récupère toutes et qu’elle arrive à vaincre Yué, ça devrait aller.

– Je ne sais pas, les dix-neuf cartes de Clow sont censées former un tout, leurs forces s’équilibrent. S’il n’y en a plus que seize et que trois autres sont des cartes de Sakura, je ne sais pas ce qu’il peut arriver. Elle m’a aussi dit qu’au moment de transformer son sceptre, elle a ressenti la présence d’un homme derrière elle. Qui avait posé ses mains sur le sceptre, et qui lui avait dit que tout se passerait bien.

– Clow ? C’est Clow qui l’aurait aidé à faire ça ?

– C’est une possibilité. Son esprit en tout cas. Qui d’autre pourrait transformer les cartes de Clow à part Clow lui-même ?

– Quoi qu’il en soit, cette aide providentielle lui a permis de capturer une carte supplémentaire, ça ne peut être qu’une bonne chose. Mais ce n’est pas tout ?

– Non, ce n’est pas tout, tu as dû le ressentir toi aussi. La puissance de Sakura a considérablement augmenté.

– Oui, c’est assez remarquable. Mais là aussi, c’est une bonne chose. Elle capturera les cartes plus facilement.

– Sauf si elle n’arrive pas à la maitriser. Les cartes pourraient la rejeter, se retourner contre elles, ou devenir plus virulentes. Et sa puissance pourrait attirer les convoitises.

– Alors nous serons là pour l’aider. Tu dois avoir confiance en ta protégée, Kérobéro. Je redescends voir les autres, on aura bien l’occasion de rediscuter plus tard.

Kaho sortit de la chambre de Sakura, et Kéro reprit sa forme d’emprunt. Sur le bureau, il regardait la boite dans laquelle étaient rangés les journaux et photos de l’arrière-grand-père et de la mère de Sakura. Pourquoi étaient-ils restés intacts après l’incendie ? Sakura les avait peut-être inconsciemment protégés avec son nouveau pouvoir ? Ou peut-être qu’une autre carte était là-dessous.

La soirée s’achève

Les amis de l’école primaire furent les premiers à partir. Habitant désormais à Tokyo, ils avaient un peu plus de route à faire pour rentrer. Sakura remercia évidemment tout le monde d’être venu l’aider à emménager. Ce fut ensuite au tour du club d’athlétisme de dire au revoir à leur professeure préférée, puis à Toya, Kaho et Fujitaka.

Azusa étant partie dormir dans sa chambre depuis un moment, il ne restait plus que Sakura et Tomoyo.

– Ma petite Sakura, tu es devenue une grande fille maintenant, avec ta propre maison.

– Oui, une grande fille, que tu continues malgré tout à m’appeler petite Sakura.

– Parce que dans mon cœur, tu restes ma petite Sakura.

Tout en lui disant ces quelques mots, Tomoyo prit la main de Sakura pour la poser sur sa poitrine, à l’endroit de son cœur. Gênée, cette dernière retira sa main.

– Ta petite Sakura, ta meilleure amie.

– J’aimerais être tellement plus pour toi, Sakura. J’aimerais qu’on soit toutes les deux, et même toutes les trois avec Azusa. Je prétends me satisfaire de la situation, mais c’est faux, je n’ai jamais autant souffert.

– Tu n’étais pas sincère quand tu disais que ce qui compte pour toi, c’est mon bonheur ?

– Bien sûr que si, ça a toujours été le cas, aujourd’hui encore. Mais es-tu totalement heureuse Sakura ? Les autres ne le voient peut-être pas, mais moi je te connais. Depuis que tu es revenue à Tomoeda, tu n’es plus la même. Evidemment, tu es contente d’être là, à nouveau avec nous, et avec ta fille, mais c’est différent. Je ne sais pas si ce sont les cartes, s’il s’est passé quelque chose lorsque tu étais à Paris, ou si ce sont les souvenirs que tu as oubliés. Mais tu n’es pas la Sakura heureuse que j’ai connue. Tant que tu n’auras pas retrouvé ce qu’il te manque, moi non plus je ne serais pas totalement heureuse. Alors s’il te plait, Sakura, laisse-moi faire ton bonheur.

Tomoyo s’approcha du visage de son amie, et posa ses lèvres sur les siennes. Ce baiser volé ne dura qu’une demi-seconde, Sakura tourna la tête et prit son amie dans ses bras.

– Je suis désolé, Tomoyo, on a déjà essayé, et ça n’avait pas marché, rien n’a changé. Tu es ma meilleure amie.

– Pardon Sakura, je n’aurais pas dû, répondit-elle après quelques secondes en s’écartant. Je vais rentrer.

– Ah non, il n’en est pas question. Tu restes ici.

– Tu as peur de rester seule dans ta nouvelle maison ?

– Pas du tout, mais tu sens l’alcool. Si tu penses que je vais te laisser repartir, tu rêves.

– Ca va aller, ne t’inquiète pas.

– Tu n’as pas le choix, j’ai pris te clés de voiture qui étaient dans ta veste quand je te serrais dans mes bras. Tu restes là.

– Tu es une petite voleuse, Sakura.

– Je suis juste ta meilleure amie. Allez, viens, on monte. La chambre d’ami n’est pas encore prête, tu vas prendre la mienne, et je vais dormir avec Azusa.

Arrivées à l’étage, Sakura installa Tomoyo dans sa chambre, lui donna un pyjama de rechange et quelques affaires de toilette. Elle lui dit bonne nuit et partit retrouver sa fille dans sa chambre, pour leur première nuit dans leur nouvelle maison.


[1] Il y a aussi des Ikea au Japon, Nitori est la plus grande chaine de meubles et d’accessoires au Japon

[2] Le jour de la cérémonie au passage à l’âge adulte, pour tous les jeunes qui ont eu ou auront 20 ans au cours de l’année scolaire en cours.


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  1. Pingback:Les coulisses du chapitre 12 – Le fléau - Une fanfiction de Card Captor Sakura

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