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Chapitre 23 : Le voyage de Sakura

Retour à la maison

Devant la maison de Sakura, une voiture s’arrêta. Il était plus de 23h, mais, comme c’était le cas depuis deux mois maintenant, l’obscurité de la nuit avait laissé sa place à la lumière. Une femme descendit de la voiture et en fit le tour pour ouvrir la porte côté passager.

– Nous sommes arrivées, Sakura.

Sakura lui attrapa le bras pour sortir de la voiture. L’autre personne referma la portière et l’accompagna vers l’entrée. Sakura prit ses clés dans sa poche pour ouvrir la porte et toutes deux entrèrent dans la maison.

– Enfin chez moi. Je devrais pouvoir me débrouiller toute seule ici. Merci pour ton aide Akizuki.

Sakura lâcha le bras de la personne qui l’avait accompagné jusqu’à chez elle, et avança à tâtons vers les escaliers.

– Sakura, je t’ai déjà dit que tu pouvais m’appeler Nakuru. Tu es sûre que ça va aller ? Tu veux que je t’accompagne jusqu’à ta chambre ?

– Ne t’inquiète pas pour moi. Je suis en terrain connu ici.

– OK, n’hésite pas si tu as besoin d’aide. En attendant, je vais décharger nos bagages. Ensuite, j’irai prendre une douche. Après douze heures d’avion, je n’ai qu’une envie, c’est de me rafraichir.

– C’est au rez-de-chaussée. C’est… euh… tu trouveras bien.

Nakuru Akizuki sortit de la maison pour récupérer les valises qui étaient dans le coffre de la voiture. Sakura commença à monter les escaliers menant à l’étage. Elle semblait hésitante, et s’agrippait à la rambarde pour être sûre de ne pas tomber. Arrivée à la dernière marche, elle trébucha et se rattrapa de justesse. Elle continua jusqu’à sa chambre en posant sa main au mur, puis ouvrit la porte.

– Kéro ? Tu es là ?

Aucune réponse. Le gardien du livre de Clow n’était pas là. « Il est probablement chez Tomoyo », pensa Sakura.

Après s’être cognée contre son armoire et plusieurs fois contre son lit, elle arriva devant son bureau et s’assit sur sa chaise. Le miroir posé devant elle reflétait son visage. Son regard était fixe, perdu dans le vide, ne semblant regarder aucun point. Ses pupilles étaient fortement dilatées, et une sorte de voile semi-opaque recouvrait ses yeux.

Elle ouvrit un tiroir de son bureau et en sortit sa boite à souvenir dans laquelle étaient précieusement conservés les journaux intimes de sa mère et son arrière-grand-père, ainsi que les photos de familles. Mais ce ne sont pas ces souvenirs qui l’intéressaient. Elle prit son médaillon, l’artefact magique que Kéro lui avait remis il y avait bientôt deux ans, faisant d’elle la chasseuse de cartes.

– Clé du sceau sacré, je te somme d’apparaître. Moi, Sakura, chasseuse de cartes, je te l’ordonne, libère ta puissance !

Le médaillon se transforma en sceptre magique, orné non pas d’un bec d’oiseau comme à l’accoutumée, mais d’une étoile. La même forme qu’il avait déjà prit lorsque Sakura transformait les cartes de Clow. Tout en tenant le sceptre fermement dans sa main droite, elle s’écroula inconsciente sur son bureau.

Au même moment, la lumière qui baignait la nuit de Tomoeda depuis quelques mois cessa, et laissa à nouveau place à l’obscurité.

Le début des problèmes

Paris, service d’ophtalmologie de l’hôpital Cochin, quelques mois plus tôt

Sakura était assise sur une chaise, face à un bureau, derrière lequel se tenait une femme habillée d’une blouse blanche. Sakura triturait nerveusement un prospectus de l’hôpital, pendant que la médecin passait en revue plusieurs documents sur son ordinateur.

– Miss Kinomoto. I don’t speak Japanese. Is it OK for you if we speak English ?

– Je parle français, se contenta de répondre Sakura.

– Oh, très bien, répondit la médecin surprise. Je ne m’y attendais pas.

– J’ai vécu cinq ans en France, j’ai appris à parler la langue.

– Continuons alors. Je suis docteure Gauthier, cheffe du service d’ophtalmologie de l’hôpital Cochin. C’est la première fois que nous nous rencontrons, mais j’ai suivi votre dossier de près. Vous êtes passés entre les mains de plusieurs de mes collègues, ils m’ont tous fait part de leur conclusion. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que votre cas est tout à fait étonnant.

– Excusez-moi, docteure. Est-ce que vous allez me dire la même chose que vos collègues ?

La médecin prit un air gêné. Elle savait que son annonce n’allait pas faire plaisir à sa patiente.

– Malheureusement… oui. Cela fait maintenant trois semaines que nous vous gardons en observation, nous vous avons fait passer de nombreux tests, et rien ne ressort comme anormal. Ce voile sur vos yeux nous avait d’abord fait penser à une cataracte, mais l’examen approfondi a exclu cette possibilité. Nous avons exploré de nombreuses autres pistes, mais nous en sommes toujours au même résultat. Vos yeux sont en parfait état, le nerf optique est intact. Nos collègues du service de neurologie n’ont rien trouvé non plus. Votre cerveau n’a aucun dommage, il fonctionne normalement.

– Donc, vous êtes en train de me dire que tout va bien ?

– Dire que tout va bien serait mentir puisque vous souffrez toujours de cécité. Mais sur le plan clinique, nous ne l’expliquons pas.

– Au moins, vous me croyez maintenant. Au départ, j’avais l’impression que vous me preniez pour une folle. Ou une menteuse.

– Je suis désolée si vous vous êtes sentie blessée, mais vérifier que le patient ne ment pas, fait aussi partie de la procédure. Dans un cas comme le vôtre, il est nécessaire de s’assurer que la cécité est bien réelle et pas simulée.

– Je comprends. Donc, je fais quoi maintenant ?

– Nous sommes arrivés au bout des examens que nous pouvions vous faire passer. Vous allez pouvoir rentrer chez vous. Je sais que vous n’étiez que de passage en France, je ne saurais que vous conseiller de retourner au Japon, auprès de vos proches. Je vais transmettre votre dossier à un collègue de l’hôpital de Tokyo. Il prendra votre cas en charge.

– Je vais rester en France encore quelque temps. Je n’ai toujours pas fini ce que j’étais venue faire ici.

– Comme vous le souhaitez. Dans ce cas, passez par le secrétariat avant de partir afin de prendre rendez-vous pour les prochaines semaines. Je souhaite vous voir de manière hebdomadaire afin de suivre l’évolution de votre cécité.

– Très bien, merci docteure, répondit Sakura en se levant.

– Je vous raccompagne à l’accueil.

Toutes deux sortirent du cabinet. Sakura lui tenant le bras pour se laisser guider vers la sortie.

Les cartes maîtresses

Le noir le plus complet. Qu’elle ouvre ou ferme les yeux, c’est ce que voyait Sakura. On pouvait appeler ça « l’ironie du sort ». Elle était revenue à Tomoeda, là où la nuit n’était pas tombée depuis deux mois, et pourtant, pour elle, elle était toujours plongée dans l’obscurité. Elle tenait son sceptre dans la main droite. Ce jour permanent dont on l’avait informée, cette lumière qui baignait la nuit, ce n’était pas normal. Une carte était là-dessous, c’était une évidence. Elle était revenue à Tomoeda pour ça, pour la capturer, et remettre les choses en ordre.

Elle ne la voyait pas, mais elle pouvait la sentir. Puissante. Probablement la plus puissante de toutes.

– Carte de Clow, révèle-moi ta présence.

Aussitôt, une forme lumineuse d’apparence humaine apparut devant elle. Tout autour de Sakura régnait l’obscurité. La seule chose visible était cette femme qui venait de prendre vie devant elle.

– Ma… Maman…

Sakura pouvait à nouveau voir. Mais cette vive lumière provenant de sa mère lui faisait mal aux yeux. Elle avait perdu l’habitude de voir et était éblouie. Elle cligna plusieurs fois et plissa les yeux pour atténuer la lumière. Au bout d’une vingtaine de secondes, elle commença à s’habituer. Elle comprit alors que ce n’était pas sa mère qui se tenait devant elle. Elle lui ressemblait, mais ce n’était pas elle, c’était bel et bien une carte. Les cartes qu’elle avait capturées jusqu’à maintenant avaient souvent pris la forme d’une petite fille. Mais cette fois, c’était avec l’apparence d’une femme que la carte se trouvant face à elle avait empruntée.

– Je ne suis pas Nadeshiko, mais tu as peut-être maintenant compris qui je suis.

– Light.

– C’est bien moi. La carte de la lumière. C’est pour cela que tu peux me voir malgré l’obscurité.

– C’est toi qui as plongé Tomoeda dans cette lumière permanente ?

La carte ne répondit pas, comme si elle était gênée de ce qu’elle avait fait.

– Où sommes-nous ? demanda Sakura. Pourquoi est-ce que je ne vois que toi ici ? Pourquoi fait-il noir tout autour de moi ? Pourquoi ta lumière n’est-elle pas diffusée partout ?

– Cet endroit n’a pas d’existence réelle dans ton monde. Nous sommes… dans ton cœur, Sakura. Laisse-moi répondre au reste de tes questions par une autre question. Pourquoi empêches-tu ma lumière d’éclairer ton cœur ?

– Je… ne comprends pas.

– Nous nous sommes déjà rencontrés. Peut-être t’en souviens-tu ? La situation était bien différente à l’époque. Est-ce que tu t’en souviens ?

– Oui. Enfin, je crois. C’était à l’école primaire, la représentation de théâtre. Nous jouions la belle au bois dormant. La salle fut plongée dans le noir, j’étais seule. Pourtant, j’arrivais à me voir. C’était toi.

– Oui, c’était moi.

– Tu étais à l’intérieur de moi, dans mon cœur. Et j’arrivais à me voir grâce à toi. C’est comme ça que j’ai pu capturer Dark.

– C’est comme ça que tu as pu nous capturer toutes les deux.

Sakura posa sa main gauche sur sa poitrine, puis leva la droite qui tenait toujours le sceptre magique.

– Carte de Clow, Dark, révèle-moi ta présence.

Un flux magique s’échappa de Sakura pour se diriger vers Light. C’était Dark. Les deux cartes s’enlacèrent et revirent ensuite en direction de Sakura. Une explosion de lumières et de ténèbres se produisit alors, redessinant l’endroit dans lequel se trouvait Sakura. L’obscurité à perte de vue, telle qu’elle était il y a encore quelques secondes avait disparue. Devant Sakura, la lumière qu’elle avait tant recherchée ces derniers mois. Au milieu de cette lumière, Dark était là. Derrière Sakura, l’obscurité qui avait envahi son cœur, l’obscurité qui l’accompagnait depuis qu’elle avait perdu la vue. Au milieu, l’éclat de light tranchait avec cette noirceur.

Toutes deux se mirent à parler à l’unisson.

– Nous sommes Dark et Light, nous ne pouvons vivre l’une sans l’autre. Nous sommes sœurs, à la fois similaires et différentes. Nos pouvoirs s’annulent et se compensent.

– Je suis Light. Sans l’obscurité de Dark, je ne peux briller. Sans elle, je ne suis rien.

Light avait l’apparence d’une jeune femme, habillée d’une longue robe blanche représentant la lumière. Ses cheveux, blancs aussi, étaient longs et ondulés. Sur sa tête, une couronne dont les pointes étaient légèrement incurvées vers l’extérieur. Un soleil ornait le haut de sa poitrine.

– Je suis Dark. Sans la lumière de Light, on ne me remarque pas. Sans elle, je ne suis rien.

Dark ressemblait beaucoup à son alter ego. Mais, de la même manière que leurs pouvoirs étaient opposés, leur apparence l’était aussi. Elle portait une longue robe noire, représentant pour sa part l’obscurité. Ses cheveux, aussi noirs que sa robe, étaient longs et droits. Elle portait elle aussi une couronne, mais les pointes étaient légèrement incurvées vers l’intérieur. Enfin, le haut de sa poitrine était décoré de cinq gemmes hexagonales.

– Nous sommes les cartes de Clow les plus puissantes, reprirent-elles à l’unisson. Pour nous capturer, tu devras déployer davantage de puissance que tu n’en as jamais utilisé.

Sakura regarda le sceptre qu’elle tenait dans sa main droite. Le bec d’oiseau avait laissé sa place à une étoile. Cette même étoile qui apparaissait lorsqu’elle transformait les Clow Cards en Sakura Cards.

– Ca ne devrait pas être un problème, dit-elle plein de confiance. Mais avant, j’ai quelques questions à vous poser.

– Nous t’écoutons, répondit Light.

– Peu de temps après être arrivée à Paris, j’ai perdu la vue. Et là, alors que vous venez d’apparaitre devant moi, je vois à nouveau. Vous n’êtes pas étrangères à ça, je l’ai bien compris, mais pourquoi est-ce que ça s’est manifesté à ce moment-là ?

– Depuis que nous avons été libérées, nous habitions à l’intérieur de ton cœur, répondit Dark. Nous nourrissant de tes émotions, et t’apportant la force dont tu avais besoin pour capturer nos sœurs.

– Mais quand ta fille a disparu, je n’ai eu d’autre choix que de trouver un nouvel hôte. Ta tristesse était telle, que non seulement je n’arrivais pas à éclairer ton cœur, mais il était aussi impossible pour moi d’y exister.

– Et pour moi, c’était l’endroit idéal. Cachée ici, j’attendais que ma sœur revienne.

– J’ai trouvé refuge dans le cœur de celle dont le prénom signifie lumière.

– Hikari [1]? Ton hôte était Hikari ? Elle n’a pourtant aucun pouvoir magique.

– Je n’ai pas besoin de pouvoir magique, j’avais juste besoin de regagner des forces à travers des émotions positives.

– Quand elle était au plus mal, tu as redonné confiance à cette fille. Tu lui as permis de se dépasser, de s’épanouir.

– Pourquoi pas Tomoyo ? C’est ma meilleure amie.

– Elle ne le montre pas, mais Tomoyo partage ta peine. Quand tu es triste, elle est triste aussi. Hikari était la meilleure personne que je pouvais trouver. Et après tout, nous partageons le même prénom.

– D’accord, mais là, vous ne m’expliquez toujours pas pourquoi je suis devenue aveugle quand je suis partie à Paris, et que le jour ne s’est pas couché sur Tomoeda pendant plus de deux mois.

– Tant que nous étions proches l’une de l’autre, continua Dark, nos pouvoirs se compensaient.

– Mais quand tu es partie, Dark t’a accompagnée, je me suis retrouvée seule. Sans alter ego, ma magie a fini par déborder. Hikari ne disposant pas de pouvoirs pouvant absorber les miens, je l’ai quitté. J’aurais pu trouver refuge en Kaho, ou Toya, mais leurs émotions étaient bien trop instables.

– Il y avait d’autres candidats, mais ce n’était pas envisageable.

– Oui, je sais, se contenta de répondre Sakura.

– Mon pouvoir s’est donc propagé dans la ville, provoquant une journée sans fin. Jusqu’aujourd’hui.

– Et pour ce qui est de ta cécité temporaire, tu as probablement maintenant compris.

– Seule, ta magie a débordé et m’a plongé dans l’obscurité ?

– C’est bien ça.

– Mais il y a quelque chose que je ne comprends pas. J’ai perdu la vue avant que Light ne se manifeste sur Tomoeda. Pourtant, mon pouvoir aurait dû être suffisant pour contenir Dark. Au moins pendant un temps. Alors qu’Hikari, même sans pouvoir, a pu contenir Light plus longtemps.

– Hikari a tout le temps été accompagnée. Par ses amis, par tes amis, elle n’a jamais été seule.

– Alors que toi, à Paris, tu étais seule, rongée par la tristesse d’avoir perdu ta fille et de n’avoir pas retrouvé tous tes souvenirs.

– Et surtout, tant que Thunder était en liberté, je ne pouvais pas quitter Hikari. Thunder est une carte puissante.

– Mais notre pouvoir à Light et moi l’est encore plus.

– Me manifester en même temps qu’elle, lui aurait fait courir le risque de disparaitre, absorbée par ma magie. Je devais attendre que tes amis la capturent avant de rentrer en scène.

– Merci pour ces explications.

– C’est vraiment tout ce que tu veux savoir ? Tu as eu les réponses que tu voulais à Paris ?

– Pas complètement. Mais j’ai appris beaucoup de choses. Et j’ai surtout appris qu’il fallait que j’arrête de vouloir retrouver mon passé. Ce n’est pas ce qui compte. Il ne tient qu’à moi de construire mon futur.

Light et Dark se rapprochèrent l’une de l’autre, se tenant les mains. La limite entre la lumière et l’obscurité était de plus en plus mince.

– Nous sommes prêtes, dirent-elles à l’unisson.

– Ca ne sera pas facile.

– Dark et moi sommes les deux cartes les plus puissantes, et tu dois nous capturer toutes les deux en même temps.

Sakura leva son sceptre en l’air. Face à elle, se tenaient Dark et Light.

– Cartes de Clow, reprenez votre forme originelle, je vous l’ordonne !

Un halo magique entoura les deux cartes jusqu’à les masquer entièrement. Il tournoyait tout autour d’elles. Sans réussir à les distinguer correctement, on pouvait voir à travers, leurs cheveux qui se mêlaient. La capture durait plus longtemps que d’habitude. Probablement parce qu’elles étaient plus puissantes, mais aussi parce qu’elles étaient deux. Au bout d’un moment, deux cartes se matérialisèrent devant Sakura. Elles avaient la forme habituelle des cartes de Clow, et au centre de chacune d’elle, les représentations de Light et Dark. Mais le cadre des cartes était absent. Il n’y avait pas ce bord orangé typique des cartes de Clow, les symboles et les noms n’étaient pas là non plus. Les cartes n’étaient pas figées, et les dessins de Light et Dark étaient encore vivants, souriant et faisant des signes à Sakura. Elles brillaient au rythme de l’afflux de magie que dégageait Sakura.

Alors que Sakura concentrait davantage de magie, deux mains vinrent se poser de part et d’autre des siennes sur son sceptre. Sakura tourna la tête pour voir qui lui était venu en aide, mais elle connaissait déjà la réponse.

– Maman.

Nadeshiko sourit.

– Tu vas y arriver, Sakura. Tu as cette force en toi qui te permet de relever tous les défis. Tout ira bien.

Nadeshiko embrassa Sakura sur la joue, lâcha le sceptre, et lui fit signe de la main tout en s’évaporant.

La prochaine fois, nous serons réunies toutes les trois, et un plus grand défi encore nous attendra.

– Cartes de Clow, moi Sakura, votre nouvelle maitresse, vos ordonne de reprendre votre forme originelle.

Les cartes brillèrent une dernière fois, absorbant l’énergie de Sakura, avant de se figer. Le cadre n’était pas orange, mais rose. Elles s’étaient transformées en cartes de Sakura.

Sortie de l’hôpital

Sakura tenait le bras de la médecin qui l’accompagnait jusqu’à l’accueil. Après trois semaines plongées dans le noir à subir des examens, il n’était pas simple pour elle de se déplacer. Elles se dirigeaient vers l’accueil afin de définir les prochaines étapes de suivi de la situation de Sakura. La médecin fit s’asseoir Sakura sur une chaise à côté de l’accueil en attendant son tour.

– Je dois vous laisser ici, Mademoiselle Kinomoto. J’ai d’autres patients à voir. Je ne serais peut-être pas disponible pour vous recevoir lors de vos prochains rendez-vous, mais soyez assurée que vous serez aussi entre de très bonnes mains avec mes collègues. Et je continuerai à suivre votre dossier.

– Très bien docteure, je vous remercie.

– Prenez bien soin de vous, à bientôt.

La docteure Gauthier s’éloigna, laissant Sakura attendre qu’on l’appelle pour prendre ses prochains rendez-vous. Au bout d’une quinzaine de minutes, quelqu’un vint la chercher pour l’accompagner jusqu’au bureau d’une secrétaire.

– Ah, Mademoiselle Kinomoto, je suis ravie de vous voir sortir.

– Pourquoi ? J’étais si insupportable ?

– Non, pas du tout. Mais après trois semaines à vous garder là, j’avais un peu de peine pour vous.

– Pour tout vous dire, j’angoisse quand même un peu de sortir. Je ne vois plus rien, et je vais devoir me débrouiller seule. Au moins ici, il y avait des personnes pour s’occuper de moi.

– Et c’est bien pour ça qu’on ne va pas vous lâcher. Déjà, nous allons prendre un rendez-vous hebdomadaire pour suivre l’évolution de votre cécité. Ensuite, il existe plusieurs associations qui viennent en aide aux personnes malvoyantes. Vous pouvez avoir de l’aide quotidienne, que ça soit à la maison ou pour sortir. Mais le plus important, ça va être d’apprendre à vivre avec votre handicap.

– Apprendre à vivre avec mon handicap. L’issue n’a pas l’air très optimiste.

– C’est aussi notre rôle d’être lucide sur la suite des évènements. Les médecins n’ont toujours pas trouvé la cause de votre cécité. Ca peut très bien partir comme c’est arrivé. Ou ça peut aussi rester. Et dans ce cas, il faut effectivement que vous appreniez à vivre avec. Je vais vous mettre en relation avec une association avec laquelle nous travaillons beaucoup. Ils vous contacteront très rapidement.

– C’est gentil à vous.

– Ca fait partie de notre travail. Mais si je peux me permettre, vous devriez retourner près de vos proches. Leur soutien est essentiel.

– Pas pour le moment. Je suis revenue à Paris car j’avais certaines choses à accomplir. Maintenant que je ne vois plus rien, je ne sais pas comment je vais m’y prendre, mais je n’ai pas l’intention de rentrer tout de suite.

– Alors bon courage pour la suite, Mademoiselle Kinomoto.

La secrétaire fit un signe de la main que Sakura ne put voir. Quelques secondes plus tard, un assistant médical approchait pour la raccompagner.

– Je vais appeler un taxi pour vous conduire à votre domicile. Vous patienterez dans la salle d’attente le temps qu’il arrive.

– D’accord. J’ai une dernière question avant de partir. Pendant ces trois semaines, j’ai souvent reçu la visite de quelqu’un. C’est une femme, je ne sais pas comment elle s’appelle, mais elle est japonaise. Nous avons beaucoup discuté ensemble. Vous savez si c’est une infirmière, une médecin, un autre membre du personnel ? J’aimerais beaucoup la remercier.

– Une Japonaise vous dites ? Nous n’avons de Japonaise dans notre service. Peut-être un autre employé qui parle la langue ? Mais dans ce cas, je serais bien incapable de dire qui.

– Je ne pense pas. Son japonais était vraiment très fluide. Elle est très certainement native.

– Je peux quand même me renseigner, au cas où. Elle vous a donné un prénom ?

– Elle me l’a peut-être dit, mais ça ne me revient pas. Ou sinon, est-ce que quelqu’un de l’extérieur qui est venu me voir ?

– Je regarde sur les enregistrements des visites.

La secrétaire consulta des dossiers sur son ordinateur, afin de voir si des visiteurs étaient venus voir Sakura lors des dernières semaines.

– Je suis désolée, Mademoiselle Kinomoto, vous n’avez reçu aucune visite pendant votre passage ici.

– Tant pis alors. Si jamais quelqu’un me cherche, et que c’est cette femme, vous la remercierez à ma place. Elle m’a été d’une grande aide. Ca faisait plaisir d’avoir quelqu’un à qui parler.

– Je n’y manquerais pas. Prenez soin de vous, Mademoiselle Kinomoto, au revoir.

L’assistant médical prit Sakura par le bras, et ils se dirigèrent vers la salle d’attente. Sakura s’assit sur une chaise le temps que son taxi vienne la chercher. De longues épreuves s’annonçaient, et elle n’avait encore même pas pu obtenir les réponses qu’elle était venue chercher. Même si elle avait commencé à récupérer des fragments de mémoire, elle était loin d’avoir assemblé tout le puzzle.

A nouveau ensembles

Sakura était encore assise sur une chaise, la tête entre ses bras, posés sur son bureau comme si elle s’était écroulée de sommeil. Dans sa main droite, elle tenait toujours fermement son sceptre, et dans la gauche, Light et Dark sous la forme de Sakura Card.

Elle fut réveillée par des bruits de pas dans les escaliers accompagnés des cris de plusieurs personnes.

Sakura ! Tu es entrée ?

Cette voix, c’était celle de Tomoyo. Sa meilleure amie.

Sakura, si c’est vraiment toi, on va se faire un sacré festin pour fêter ton retour.

Kéro, toujours le même appétit, quelle que soit la situation.

Sakura était réveillée, mais elle avait peur d’ouvrir les yeux. Peur de ne pas voir ses amis et constater qu’elle n’avait toujours pas retrouvé la vue. Cela faisait quatre mois qu’elle était partie en ne laissant qu’une lettre derrière elle. Comment ses amis allaient-ils réagir ? Est-ce qu’ils lui en voulaient ?

Elle sentit une main se poser sur son épaule.

– Sakura, tu es enfin de retour.

Elle se décida à ouvrir les yeux.

– Hikari…

Elle se leva, et son amie la prit dans ses bras. Les yeux de Sakura étaient humides et rougis par l’émotion. Elle pouvait à nouveau voir ses amis après trois mois passés dans le noir.

Elle n’eut même pas le temps de parler, que c’était ensuite à Tomoyo d’arriver dans la chambre et de la serrer dans ses bras. Elle aussi pleurait.

Ce fut ensuite au tour de Kéro d’entrer. Sous sa forme d’ours en peluche, il fonça sur le visage de Sakura pour l’enlacer à sa manière.

L’émotion passée, les questions fusaient. Tout le monde voulait savoir où était passée Sakura pendant ce temps, pourquoi elle était partie, ce qu’elle avait fait, et si c’était bien elle qui venait de faire revenir la nuit.

– Oui, c’est bien moi, je viens de capturer Light et Dark.

– Light, je savais que c’était elle ! répondit Kéro.

– Et tu étais où ? s’impatienta Tomoyo.

– Je vais tout vous raconter. En fait, j’étais à…

Elle fut interrompue par d’autres bruits dans les escaliers. La personne qui montait l’appela.

– Sakura, tout va bien ? J’ai entendu du bruit.

La porte s’ouvrit.

– Sakura, c’est qui cette fille à moitié nue ? demanda Tomoyo avec une pointe de jalousie dans la voix.

– C’est un peu… inconvenant, renchérit Hikari en rougissant.

– J’ai l’impression de l’avoir déjà vu quelque part, continua Kéro.

Akizuki venait visiblement de sortir de la salle de bain et n’était habillée que d’une courte serviette qui recouvrait tout juste son intimité.

– Désolée pour la tenue, je venais de prendre une douche. Je m’appelle Nakuru Akizuki. C’est moi qui ai ramené Sakura de Paris.

– Paris, tu étais à Paris ? demanda Kéro.

– J’aurais dû m’en douter ! s’exclama Tomoyo.

– Oh… mais… Sakura, tu as retrouvé la vue ?

– Eh oui, je peux maintenant te voir, Akizuki. Et je peux revoir mes amis. Tout est rentré dans l’ordre, et j’ai capturé Light et Dark.

– Tu avais… perdu la vue ?

– Oui, Hikari. C’est une longue histoire, mais je vais tout vous raconter.

Au moment où elle allait commencer le récit de ce qui lui était arrivé à Paris, quelqu’un d’autre entra dans sa chambre. Quelqu’un qui n’avait jamais quitté ses pensées, même à 10 000 km de distance.

– Shaolan.

Il se jeta vers elle pour la prendre dans ses bras.

C’est l’heure de rentrer à Tomoeda

Paris, quelques jours avant le retour de Sakura à Tomoeda

Des bruits de clés dans une serrure précédaient l’ouverture d’une porte. Sakura rentra dans un appartement, suivi par une femme dans la cinquantaine, les deux mains portant des sacs de courses.

– Je t’aide à ranger ? demanda la femme.

– Ca ira, merci Amélie, je vais m’en occuper. J’arrive de mieux en mieux à m’habituer à mon appartement. Même sans rien y voir, je me déplace sans trop de problèmes.

– Alors je te laisse. N’hésite pas à m’appeler en cas de besoin. Bonne soirée.

– Merci, à plus tard.

Amélie était une femme que Sakura avait rencontrée dans un groupe qui venait en aide aux personnes malvoyantes. Sur les conseils de l’hôpital, elle avait contacté une association, et une personne passait régulièrement la voir pour l’aider à faire certaines tâches, comme par exemple les courses ou le ménage. Sakura n’aimait pas trop dépendre de quelqu’un d’autre, mais elle avait dû se rendre à l’évidence, elle avait besoin d’aide pour vivre avec son handicap.

En arrivant à Paris, elle ne pensait pas que sa vie ici prendrait cette tournure. Elle était venue pour avoir des réponses sur son passé, et elle avait finalement passé plus de temps à gérer sa situation médicale. Cependant, cela faisait deux semaines qu’elle avait repris ses recherches.

Avant d’être admise à l’hôpital, elle avait commencé à contacter quelques personnes et fait appel à un détective. Le but était d’enquêter sur elle-même ! Elle voulait savoir si des gens se souvenaient d’elle, si elle apparaissait dans des registres administratifs, et si elle pouvait reprendre contact avec d’anciennes connaissances. Malheureusement, tout avait été mis en pause lorsqu’elle avait commencé à présenter les premiers signes de cécité.

Mais maintenant qu’elle était un peu plus autonome, elle avait recommencé ses recherches. Le point rassurant, c’est qu’elle avait bel et bien trouvé des informations sur elle lorsqu’elle avait vécu sept ans à Paris. Les gens qu’elle avait pu rencontrer se souvenaient bien d’elle et de son adorable petite fille, Azusa. Mais au final, elle n’avait rien appris de plus. Cette question qui l’avait tant travaillée depuis son retour à Tomoeda, concernant le père d’Azusa, était toujours sans réponse. Elle n’avait rien appris non plus sur les cartes de Clow ni sur ce combat face à la tour Eiffel. Les seules informations qu’elle avait pu avoir résidaient dans ses rêves. Elle était maintenant sûre que ce rêve, dans lequel elle était vaincue, représentait bien des éléments de son passé. De là, elle avait pu arriver à certaines conclusions. Tout ceci s’était bien passé à Paris, Clow était présent sous la forme d’un jeune homme prénommé Eriol, Shaolan aussi, ainsi que Kéro et Yué dont il lui avait si souvent parlé. En ravivant ses souvenirs avec Illusion, elle en avait déduit qu’elle était déjà partie à la chasse aux cartes lorsqu’elle était à l’école de Tomoeda, puis quelques années plus tard au lycée. Mais avec ces rêves, ça lui semblait maintenant évident que tout avait recommencé lorsqu’elle avait vécu à Paris. Elle n’avait pas retrouvé ces souvenirs grâce à Illusion, mais bien dans ses songes.

Mais un rêve ne collait pas. C’est celui où elle affrontait une jeune fille qui s’emparait de ses cartes. Celui-ci était très différent des autres. Clow n’était pas là, Yué non plus. Celui-ci était probablement prémonitoire et annonciateur d’un nouveau combat. La personne, qui dans l’ombre contrôlait la « voleuse de cartes », était probablement la même qui l’avait vaincu à Paris. Et maintenant qu’elle était repartie à la recherche des cartes, il voulait certainement s’interposer à nouveau, pour l’empêcher d’atteindre son objectif.

Evidemment, tout ceci n’était que des suppositions. Mais tout semblait s’imbriquer.

Sakura rangeait les courses lorsqu’elle entendit un bruit provenant de son salon.

– Amélie, c’est encore toi ? Tu as oublié quelque chose ?

Aucune réponse. Quand elle s’approcha, elle entendit que la télévision avait été allumée. A la voix, elle reconnut Jean-Pierre Pernaut.

Aujourd’hui, nous ne sommes pas en France, mais au Japon, dans le petit village de Tomoeda.

– Quoi ? Un reportage sur Tomoeda à la télévision française ?

Autrefois inconnue du grand public, cette bourgade est depuis de quelque temps, au centre de toutes les discussions.

– Mais de quoi il parle ?

En effet, après avoir subi de violents orages pendant plusieurs semaines, le village est en proie, depuis deux mois maintenant, à un jour sans fin. Même en pleine nuit, la lumière du jour reste présente, ce qui a même poussé certains habitants à quitter le village. Tout de suite, une interview de…

La télévision se coupa avant la fin du reportage. Sakura en était sûre, elle n’était pas seule dans son appartement. Mais avant même de pouvoir dire quoi que ce soit, c’est son visiteur qui prit la parole.

– C’est le moment de rentrer à Tomoeda, l’heure est venue.

– Qui est là ?

C’était une voix féminine que Sakura ne connaissait pas.

– Tes amis t’attendent, ils ne peuvent rien contre cette carte. Personne ne peut rien, à part toi.

– Qui êtes-vous ? Comment connaissez-vous les cartes ?

– Je suis… de ton côté. Mais je ne suis pas là pour te convaincre, tu vas de toute manière rentrer, et dans quelques jours tu seras à Tomoeda.

– Vous n’avez pas répondu à ma question. Qui êtes-vous ? J’ai l’impression qu’on se connait.

– On peut dire ça, mais c’est un peu plus compliqué.

Sakura sentit la jeune femme s’approcher d’elle. Elle posa ses mains sur son visage pour essayer de la reconnaitre. Ses traits étaient jeunes, mais ne lui semblaient pas familiers. Elle retira les mains de Sakura de son visage et les prit dans les siennes.

– Dans environ une heure, quelqu’un viendra te chercher ici pour te ramener à Tomoeda. D’ici là, je vais tout t’expliquer.

– Commencez par me dire qui vous êtes.

– La seule chose que je peux te dire, c’est que je suis la personne qui t’a rendu visite quand tu étais en observation à l’hôpital. Même si je n’étais pas présente physiquement, j’étais là, je t’ai soutenu, je t’ai veillé, je t’ai accompagné. Plusieurs fois, tu m’as appelé Maman, pensant que j’étais ta mère. Je pourrais te raconter beaucoup de choses sur ces moments à l’hôpital, mais je ne te dirais pas qui je suis. Pas pour le moment en tout cas.

– Pourquoi êtes-vous ici ?

– Bientôt, tu auras rassemblé toutes les cartes. Ce ne sera pas la fin, mais le début… Le début de la fin.

– Dit comme ça, c’est très dramatique. Ca fait un peu introduction de manga.

– Je m’emballe peut-être un peu. Mais quand tu auras capturé toutes les cartes, ton plus gros challenge sera à venir. Tu ne pourras pas affronter cette épreuve seule, mais pas d’inquiétude, je serai là pour t’aider.

La jeune fille fit un pas vers Sakura et lui posa une main sur le front. Aussitôt, Sakura tomba dans ses bras, inconsciente.

– Désolée, c’était le seul moyen. Je vais tout t’expliquer. Quand tu te réveilleras, tu n’auras plus aucun souvenir de notre rencontre. C’est la condition pour que tout fonctionne. Mais le moment venu, tout te reviendra en tête, et notre plan pourra être mis à exécution.

Tout en tenant Sakura dans ses bras, la jeune fille murmura à son oreille pour lui expliquer les détails de son plan. Inconsciente, Sakura ne se rendait pas compte de ce qui était en train de se passer. Au bout de quelques minutes, elle la déposa dans un fauteuil et se volatilisa.

Un peu plus tard dans la soirée, Sakura fut réveillée par quelqu’un qui tambourinait à la porte.

– Sakura Kinomoto ! cria la femme tout en frappant sur la porte d’entrée.

Sakura émergeait peu à peu de son sommeil.

– Sakura Kinomoto ! Vous êtes là ?

Elle se frotta les tempes et les yeux. Le réveil était difficile. Elle se souvenait d’être revenue des courses avec Amélie, d’avoir rangé les courses, puis elle s’était assoupie.

– Sakura Kinomoto ! Ouvrez-moi, c’est important !

Comment avait-elle pu s’endormir comme ça, et avoir tant de mal à se réveiller ? Et qui était en train de tambouriner à la porte ? Amélie, peut-être ? Non, ce n’était pas elle, ce n’était pas sa voix.

– Sakura Kinomoto, je vais défoncer la porte si vous n’ouvrez pas !

– Woé ! Non, arrêtez, je suis en train d’appeler la police, partez tout de suite.

Sakura n’était évidemment pas en train d’appeler les secours, mais n’ayant aucune idée de qui frappait à la porte, et pas vraiment à l’aise avec cette menace, elle inventa un appel avec la police.

– Non, ne faites pas ça, je ne vous veux pas de mal, je suis une amie. Je m’appelle Nakuru Akizuki, je suis un des gardiens d’Eriol Hiiragizawa.

– Qu’avez-vous dit ?

La femme derrière la porte venait de parler d’Eriol. Avant de revenir à Paris, Sakura ignorait tout de cette personne. Mais ses rêves de plus en plus précis et fréquents lui avaient permis de savoir que lui et Clow ne faisaient qu’un. Sakura se décida alors à lui ouvrir.

– Bonjour Sakura, ravie de vous rencontrer. Vous ne me connaissez pas, mais moi je vous connais. En fait, je ne m’en souviens pas, c’est juste Eriol qui m’a parlé de vous. Il y a plusieurs années à Paris, nous avons tous combattu ensemble contre un ennemi commun. Cet ennemi est de retour, il est à Tomoeda, et vous devrez bientôt l’affronter. Mais pour l’heure, vous devez rentrer chez vous. Il se passe des choses étranges depuis que vous êtes partie. Thunder est apparue, puis a été capturée, par vos amis, je pense. Mais aussitôt, une carte encore plus puissante a fait son apparition. Light, tout du moins je suppose que c’est Light, et depuis il fait toujours jour à Tomoeda. Ca fait deux mois que la nuit n’est pas tombée. Vous devez venir avec moi.

En lui tendant la main, Nakuru se rendit compte que Sakura ne réagissait pas.

– Tout va bien ?

– Euh, oui, désolée, j’essayais d’assimiler tout ça.

– Très bien, mais ce n’est pas pour ça que je vous posais la question. J’ai l’impression que vous ne me voyez pas.

– Effectivement, j’ai eu la bonne idée de devenir aveugle. Mais peu importe. Entrez. Vous allez m’aider à faire mes valises et les formalités de départ. Je rentre avec vous.

Après quatre mois ici, Sakura avait enfin trouvé quelqu’un qui pourrait peut-être répondre à ses questions. Cette personne connaissait Clow, les cartes, et était au courant du combat qu’elle avait mené à Paris il y a quelques années.

Le voyage s’annonçait passionnant.


[1] Hikari signifie Lumière en japonais.

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